Etiquette

psychothérapie

Récit

Comment la parole l’a aidée à faire son deuil (3/3)

Que faire quand on ne parvient pas à faire le deuil d’un proche ? 

Voici le récit de Corinne qui a retrouvé la paix après des mois d’angoisses nocturnes. 

L’accompagnement thérapeutique, avec la technique de pacification transgénérationnelle, a permis de dissoudre les obstacles qui bloquaient le processus de deuil.

Lorsqu’elle arrive à sa première séance de thérapie (réalisée en visio), Corinne souffre d’angoisses : elle se réveille la nuit avec l’impression d’étouffer. 

Le principal sujet qui émerge est le décès de sa mère qui a eu lieu un an et demi plus tôt. 

Le plus difficile pour elle est de ne pas avoir pu être aux côtés de sa mère lorsque celle-ci est partie

(en raison des restrictions aux visites imposées lors de la crise du covid). 

Trop-plein émotionnel : tristesse, colère, culpabilité

En plus du chagrin d’avoir perdu sa mère dont elle était proche, Corinne est en colère vis-à-vis de l’institution qui venait d’accueillir sa mère et qu’elle accuse de ne pas s’en être occupée correctement. 

Mais elle est aussi en colère vis-à-vis d’elle-même : elle se reproche d’avoir abandonné sa mère, “d’avoir été un mouton” qui obéit et ne conteste pas les règles de visite : “on n’a pas eu conscience du désastre que cela allait provoquer. Une heure (de visite) par semaine, c’est inacceptable.”

En outre, elle ressent de la culpabilité de l’avoir mise dans une institution (après s’en être occupée elle-même) : “je n’y arrivais plus, j’ai craqué ; si je n’avais pas craqué, cela ne se serait pas passé comme ça.” Et elle se sent coupable d’être heureuse : “je n’ai pas le droit de me sentir bien ; c’est comme si j’abandonne encore ma mère”.

Libération émotionnelle et pacification transgénérationnelle

Comme première étape visant à la soulager, nous réalisons une première “vidange” de l’énergie émotionnelle bloquée. S’adressant au directeur de l’institution, Corinne exprime ce qu’elle a sur le cœur, l’insultant copieusement !

Puis nous utilisons une technique appelée la pacification transgénérationnelle qui a prouvé son efficacité pour apporter un apaisement dans le cas d’un deuil difficile. 

D’ailleurs, dès la deuxième séance qui a lieu une semaine plus tard, Corinne annonce que ses angoisses nocturnes ont disparu.

La parole au centre de la guérison

Dans cet exercice, elle s’adresse directement à sa mère comme si celle-ci était présente en face d’elle. Elle exprime ses regrets :

“je ne voulais pas te laisser, je suis désolée, on aurait dû s’imposer et aller te voir.

On n’y arrivait plus, mais c’était une mauvaise décision (…). On aurait voulu te tenir la main jusqu’au bout, comme tu as toujours été là pour nous (…)”.

Puis sa mère lui répond : “(…) C’est bien ce que vous avez fait (= s’occuper d’elle à la maison). C’était difficile et vous l’avez fait. C’est vrai que j’étais perdue les derniers jours (…).

Je sais bien que vous ne m’avez pas abandonnée (même si) j’étais toute seule (…)”.

Le processus de deuil peut suivre son cours 

Lorsque cet exercice s’achève, Corinne fait face à une forte réaction corporelle et je l’accompagne en lui indiquant comment la gérer.

Lors de la deuxième séance, elle raconte que, durant les trois jours suivant la première séance, elle a continué à « insulter le directeur ». Nous travaillons à nouveau sur sa colère et également sur sa culpabilité et sur l’impossibilité de tout contrôler. 

Par la suite, il n’a pas été nécessaire de revenir sur le sujet du deuil. Les séances ultérieures ont porté sur d’autres problématiques. Car la technique de pacification transgénérationnelle, combinée à la libération émotionnelle, a apporté un soulagement immédiat et a permis au processus de deuil de suivre son cours.


Naturellement ce récit est publié avec l’accord de la personne concernée.


Pour aller plus loin, vous pouvez lire : 

– l’article Deuil : apaiser la relation avec le défunt – 1/3” qui explique comment fonctionne la technique de pacification transgénérationnelle appliquée au deuil,

– le récit “Après une suicide : pacifier la relation avec le défunt – 2/3″

– la présentation générale de la technique de pacification transgénérationnelle

Récit

Après un suicide : pacifier la relation pour faire son deuil – 2/3

Comment trouver l’apaisement après le suicide d’un proche ? Voici le récit de l’expérience thérapeutique d’Emma dont le frère a mis fin à ses jours. 

La technique de pacification utilisée* l’a libérée du poids émotionnel qu’elle portait en elle et qui bloquait son processus de deuil.

Dès la première séance, lorsqu’Emma avait évoqué le suicide de son frère, elle avait eu les larmes aux yeux. Il était évident que ce sujet était chargé émotionnellement bien que ce soit une vieille histoire. En effet, Max avait mis fin à ses jours 17 ans plus tôt.

Une technique peu conventionnelle 

Après quelques séances consacrées à des problématiques plus urgentes, nous en venons à aborder ce deuil non fini. 

Je propose à Emma un exercice (peu conventionnel !) que j’utilise fréquemment avec de très bons résultats lorsqu’il s’agit de pacifier une relation avec un proche défunt. Cet exercice provient de la technique dénommée “pacification transgénérationnelle”.

Emma est partante ! Dans la première phase de l’exercice, elle s’adresse à Max comme s’il était présent en face d’elle. 

Je m’attendais à ce qu’elle exprime à nouveau le regret abordé lors de la première séance, à savoir le regret de ne pas lui avoir rendu visite et dit au revoir avant qu’il ne mette fin à ses jours.

Et ce n’est pas du tout ce qui se passe !

Emma formule ses reproches

Ce sont des reproches teintés de colère qui arrivent sur le devant de la scène. Emma reproche à son frère de ne pas lui avoir dit au revoir, de lui avoir caché son état dépressif, de lui avoir menti en démentant un projet de suicide. Elle égrène une longue liste de reproches concernant les erreurs qu’il a commises durant sa vie, comme de conduire sans permis ou d’inciter son fils à boire. 

Ce qui reste incompréhensible pour Emma, c’est le gâchis : “je suis sûre que tu avais toutes les cartes en main. Ce n’est pas le chemin que tu as choisi.”

Il explique son geste

Dans la deuxième phase de l’exercice, Emma prend la place de Max qui répond. Il avoue à quel point sa vie était insupportable : “cela ne pouvait plus continuer comme ça”. Il évoque une recherche désespérée d’amour : “je cherchais dans toutes les femmes quelqu’un qui m’aimerait inconditionnellement”. Et il reconnaît ses erreurs : “je n’ai pas toujours fait les bons choix”. Pour ce qui est des au revoir, il explique : “j’ai dit au revoir à maman, c’est tout ce que je pouvais faire”.

Puis, vient un moment encore plus émouvant : Emma et Max se disent tour à tour qu’ils s’aiment.

L’acceptation du suicide

Après l’exercice, lors du débrief, Emma est visiblement secouée d’avoir clairement ressenti la souffrance de son frère. Elle raconte : “c’était raide ; lorsque j’étais Max, je sentais que je ne vais pas y arriver”. 

En fin de compte, elle se sent soulagée d’avoir osé exprimer ses reproches. Elle arrive à une vision plus claire et une certaine acceptation du geste de son frère : “il se voyait victime, il pensait qu’il était mal aimé. Ce n’est pas vrai, il y avait plein de gens à l’enterrement. Il voyait la coupe à moitié vide ; c’est dommage. Mais c’est son libre arbitre, c’est le chemin qu’il a choisi”.

L’apaisement 

A la séance suivante, elle raconte que le lendemain de la séance de pacification, elle “était en apesanteur” (sic)… Et après une expression complémentaire de reproches, elle a trouvé l’apaisement.


Naturellement ce récit est publié avec l’accord de la personne concernée. Les prénoms sont fictifs pour préserver la confidentialité.


* Pour aller plus loin, vous pouvez lire  : 

Thérapie

Faciliter le deuil en faisant la paix avec le défunt – 1/3

Un de vos proches est décédé. Votre processus de deuil est bloqué car des nuages planent encore sur votre relation avec lui / elle, malgré son départ. 

Pour dissiper ces nuages et ainsi vous apaiser, une pacification est nécessaire. Et… c’est possible !

Nos relations avec nos proches ne baignent pas toujours dans l’harmonie… Quand ceux-ci sont vivants, nous pouvons espérer aplanir ces difficultés relationnelles. Mais que peut-on faire lorsqu’ils ne sont plus de ce monde ?  

Quand un proche décède, le deuil n’est pas synonyme d’oubli. De même que les bons souvenirs restent dans notre mémoire, les griefs aussi demeurent. 

Reproches et regrets…

Nous ruminons les reproches que nous aimerions adresser à ce défunt ; ces pensées négatives ‘stagnent’ en nous, et en quelque sorte ‘fermentent’ (pardonnez l’expression !). 

Il en est de même des regrets et des remords que nous nourrissons. Par exemple, lorsque nous regrettons notre absence auprès du défunt lors de sa fin de vie.

Sous le poids des séquelles 

Les reproches, comme les regrets, créent une ambiance pesante à l’intérieur de nous. 

A défaut de prendre cette problématique à bras le corps, ce poids ne va pas s’évanouir par enchantement. Bien au contraire, nous allons “traîner des casseroles” pendant des années. Et le processus de deuil ne peut pas suivre son cours naturel.

Première approche : la lettre au défunt 

On recommande souvent la rédaction d’une lettre adressée au proche décédé (puis brûlée). Elle permet de ‘dire’ tout ce qui a besoin d’être formulé, et elle apporte ainsi un certain soulagement. 

Pour autant, elle peut ne pas être suffisante pour parvenir à une pacification complète et au pardon.

Une technique efficace pour pacifier la relation avec un défunt

Pour ma part, je propose une technique dénommée la pacification transgénérationnelle.

Elle est en général utilisée pour pacifier les lignées de nos ancêtres (parents, grands-parents, et au-delà). Ancêtres vivants ou décédés. Elle a donc une ambition plus vaste. 

Mais elle peut aussi être utilisée en se focalisant sur une relation spécifique.

Un processus centré sur la parole 

Dans un premier temps, vous exprimez tout ce que vous avez sur le cœur en vous adressant à la personne disparue comme si elle était présente en face de vous. La formulation à voix haute renforce la dimension énergétique de l’expression (par rapport à la rédaction d’une lettre) ; donc elle est plus puissante.

Puis vous prenez la place du défunt qui, par votre bouche, répond. Il aborde les différents points que vous avez évoqués précédemment, et d’autres sujets éventuellement.

Une pacification en trois phases 

Première phase : à travers les explications données par le défunt, cet exercice vous permet de comprendre pourquoi il a pris les décisions ou a adopté le comportement que vous lui reprochez.

Ainsi, vous réalisez par exemple qu’il a simplement agi conformément à l’éducation qu’il a reçu, ou qu’il était ignorant des conséquences de ses décisions ou actes, ou qu’il n’avait pas les ressources intérieures pour faire autrement…

Cette première phase apporte, en elle-même, un apaisement.

Les motivations du défunt étant clarifiées, vous réalisez qu’il n’avait aucunement l’intention de vous nuire (c’est le cas le plus courant).

2. Ensuite, cet exercice permet au défunt d’exprimer des regrets. Il peut alors s’excuser et vous demander pardon.

3. Cet exercice offre enfin l’opportunité au défunt d’exprimer son amour pour vous et il est fréquent qu’il se dise fier de la personne que vous êtes.

Ce processus est à la fois puissant et extrêmement libérateur. 

Les nuages qui planaient au-dessus de votre relation se sont dissipés. Le processus naturel de deuil peut se poursuivre.


* Conseil de prudence : je vous recommande vivement de ne pas entreprendre un tel processus sans être accompagné.e par une personne soutenante et compétente à vos côtés, car cet exercice secoue fort sur le plan émotionnel… Vous risquez aussi d’être désarçonné.e par des informations inattendues qui pourraient émerger.


Pour en savoir plus, lisez :

Thérapie

Stress (3/3) : déraciner les causes profondes

Pour en finir avec le stress, il faut dissoudre les racines d’où proviennent les pensées qui le déclenchent. Un chemin thérapeutique qui libère !

Dans l’article “Stress (2/3) : neutraliser les pensées déclencheuses”, nous avons vu l’intérêt des affirmations positives pour désamorcer à chaud le stress. Mais elles ont leurs limites car elles sont plaquées sur des blessures psychiques plus profondes, non guéries, qui vont s’activer à la prochaine alerte.

Donc, si vous voulez éviter l’enclenchement du stress, il va vous falloir travailler plus en profondeur, c’est-à-dire contacter vos blessures. Comment faire ? 

Découvrez le besoin de l’enfant non satisfait 

La première étape consiste à partir des pensées déclencheuses (que j’appelle aussi “pensées assassines” !) et à rechercher leur cause sous-jacente. 

Vous vous interrogez : 

  • “Pourquoi ai-je besoin d’être parfait ? Qu’est-ce que je crains si je ne le suis pas ?”, 
  • “Pourquoi ai-je l’impression d’être nul ?”, 
  • “Pourquoi ai-je si peur du jugement des autres ?”…

Recherchez dans votre enfance, à quels épisodes, à quel vécu, cela vous renvoie. Cela va sans doute vous amener à revisiter des épisodes douloureux. Ces vécus ont gravé en vous des croyances erronées qui traduisent un besoin fondamental non satisfait.

Prenons quelques exemples pour clarifier cette démarche d’exploration.

Échec à l’école : un besoin insatiable de reconnaissance

Premier exemple : Quand il est face à une nouvelle tâche au travail, Kevin constate qu’il est stressé car il a l’impression qu’il ne va pas y arriver, qu’il n’est pas à la hauteur. Il identifie la croyance qu’il a adoptée : “je suis nul” (pensée déclenchante). En se replongeant dans ses souvenirs d’enfance, il peut trouver l’origine de cette croyance dans le sentiment d’échec qu’il a ressenti à l’école. 

Les adultes ont pointé ses déficiences au lieu de reconnaître, apprécier et cultiver ses talents. Kevin peut ainsi identifier le besoin psychique fondamental qui n’a pas été satisfait : le besoin d’être reconnu à sa juste valeur. Devenu adulte, il va rechercher avidement la reconnaissance. C’est la source de son stress.

Enfant négligée : la perfection comme “solution”

Autre exemple : Très stressée par son travail, Marie constate qu’elle met toujours la barre très haut, son travail doit être parfait. En explorant son enfance, elle découvre que ses parents la négligeaient et qu’elle espérait attirer leur attention en ayant des résultats brillants à l’école et en étant une petite fille modèle. 

Elle s’est construite avec la croyance : “je dois être parfaite pour être aimée”.

Devenir contrôlant pour trouver la sécurité

Dernier exemple : Carlos est aussi stressé dans son job : il se sent obligé de systématiquement vérifier son travail à plusieurs reprises. Enfant, il a grandi dans une famille chaotique et a intégré que pour se sentir en sécurité, il doit tout contrôler. 

Devenu adulte, il s’efforce encore de combler ce manque de sécurité par l’hyper contrôle.

Six besoins fondamentaux

Cette exploration conduit ainsi à identifier le besoin fondamental qui n’a pas été nourri : 

  • le besoin de se sentir en sécurité, 
  • le besoin d’être reconnu (dans sa valeur), 
  • le besoin d’être aimé, d’être en lien, d’appartenir, 
  • le besoin d’être vu, écouté, reconnu dans son identité spécifique,
  • le besoin de s’affirmer, de prendre sa place, d’exister, de faire ses choix librement,
  • le besoin de s’épanouir, de se réaliser.
Prendre soin de son enfant intérieur 

L’étape suivante consiste à traiter ses blessures. A ce stade, le recours à un thérapeute pourra être aidant. 

Une de mes approches (le Voice Dialogue) permet de prendre soin de l’enfant intérieur blessé, qui a manqué d’amour, de reconnaissance, de sécurité… 

Ce travail avec les subpersonnalités va faire grandir des parts (adultes) qui rassurent l’enfant intérieur et qui prennent en charge la situation de manière professionnelle et non émotionnelle. 

L’approche énergétique : effacer les marques du passé

Une autre approche complémentaire (purement énergétique) consiste à libérer la charge émotionnelle qui s’est “cristallisée” sur ces blessures au niveau énergétique. Puis les traces plus profondes (inconscientes) de ces blessures sont aussi dissoutes afin de restaurer une circulation énergétique fluide. 

L’objectif ultime visé est le suivant : lorsqu’une situation auparavant stressante se présente, l’engrenage du stress ne s’enclenche plus.


Pour aller plus loin : lisez les deux autres articles consacrés au stress :

« Stress (2/3) : neutraliser les pensées déclencheuses »

« Stress (1/3) : 6 solutions d’urgence pour le gérer« 

Crédit photo : Rachel Cromer sur Unsplash

Rebirth

Elle guérit en revivant sa naissance

Nos difficultés d’aujourd’hui trouvent parfois leur racine dans notre naissance. Revivre notre naissance en état modifié de conscience offre une opportunité de guérison de ce trauma. A travers le récit d’une séance, je vous invite à plonger dans cette aventure extra-ordinaire.

La naissance est une expérience difficile pour le bébé et nous gardons, imprimé en nous, le souvenir de cette épreuve. Bien sûr, ce souvenir est inconscient. Mais il est possible de le faire remonter à la conscience grâce à la technique de respiration spécifique utilisée en Rebirth.

Ce revécu de naissance permet de guérir le trauma grâce à un accompagnement approprié. Si vous souhaitez comprendre ce processus de guérison, je vous invite à lire à ce propos l’article explicatif « Revivre sa naissance »

Pour illustrer ce processus (qui est unique pour chacun), je vous propose de découvrir l’expérience de Laurence. 

Un processus psycho-énergétique progressif

Son revécu de naissance arrive de manière inopinée au cours d’une séance, après que nous ayons mené un premier travail psycho-énergétique.

La première partie de la séance est racontée dans l’article « Quand la colère bloquée depuis l’enfance se libère » . Cette phase a permis de faire émerger la colère qu’au fond d’elle, elle éprouve à l’égard de son père : un père qui lui semblait absent lorsqu’elle était petite fille, et qui lui donnait l’impression de ne pas être aimée. 

On va voir que ce sentiment d’être seule et de manquer d’amour remonte à sa naissance (et à sa vie intra-utérine).

Une forte charge émotionnelle vient ainsi de se libérer, et pour aller plus loin, j’invite Laurence à entamer un processus plus profond en adoptant la respiration spécifique du Rebirth.

Dès le début du processus de Rebirth – du fait du travail préparatoire – Laurence est recroquevillée sur le matelas et se perçoit comme la petite fille qu’elle était autrefois. 

Vie intra-utérine : le sentiment de solitude

Au bout de quelques minutes de “respiration”, déjà en état modifié de conscience, elle partage : “Lorsque je suis arrivée au monde, je n’étais pas la bienvenue.” Et elle raconte ce qu’elle ressent : “Ce n’est pas agréable dans le ventre de ma mère non plus. Les parois du ventre serrent fort. Ce n’est pas doux.”

Puis après un moment :

“J’ai peur de sortir. (C’est pourquoi) je n’ai pas envie de sortir. Je sens que c’est hostile.”

Elle décrit ses impressions :

“Dans le ventre, c’est comme la traversée d’une grande forêt noire. J’ai peur que ce soit pire dehors. (Dans la forêt), je suis très seule, j’avance seule. Je ne suis pas tétanisée, mais c’est franchement pas agréable.”

La douleur de la naissance

Le processus se poursuit : “J’ai envie de sortir mais il y a un grillage. C’est étriqué, comme si le grillage se refermait.” 

J’appuie sur la tête et les épaules pour renforcer la sensation de naissance. Laurence se sent mal : “j’ai envie de mourir ; il n’y a pas la place de sortir.” Puis : “J’ai mal partout. J’ai envie de ne plus être là. C’est impossible de passer. Cela m’épuise. Je suffoque.”

Le besoin d’une « présence enveloppante qui aide »

Après un temps de silence, elle raconte un souvenir qui est monté à sa conscience : “il y avait une vache qui accouchait. C’était dur pour elle, elle souffrait. Il y avait un grillage entre nous et je voulais l’aider. J’ai revécu cette scène et je l’ai aidée. C’était chaleureux de sentir une présence extérieure enveloppante qui aide. C’est ce que j’aurais aimé sentir.”

Elle franchit alors une étape dans le processus : “maintenant je suis dans un oeuf, dans une bulle et je ne ressens pas grand chose. Je suis un peu seule. Je ne sais pas trop où je suis.”

L’Amour qui guérit

Lorsque je demande à Laurence ce qui manque alors, elle répond : “de la chaleur, de l’amour, des mots d’amour, des caresses”.

Je pose ma main sur la sienne et mon autre main sur son épaule, et nous restons un long moment ainsi, baignant dans l’énergie d’Amour qui s’est invitée dans le cabinet.

Après un temps consacré à l’intégration du processus qui vient d’avoir lieu, elle partage : “c’est frappant le contraste entre le moment désagréable dans le ventre où je ne voulais pas sortir, et le moment où tu as posé tes mains et je me sentais hyper bien, je me suis endormie, c’était une bulle enveloppante*, je ne savais pas trop où j’étais mais j’étais bien, j’étais hyper loin.”

Guérison !


* Notez qu’elle utilise le même mot que précédemment dans le souvenir de la vache.

A lire en complément : « Revivre sa naissance ». Dans cet article approfondi, vous trouverez des explications détaillées sur l’impact psychologique de la naissance.

Ce récit a évidemment été publié avec l’accord de Laurence (prénom fictif).

Crédits photo : Isaac Quesada sur Unsplash

Forêt : Marvin Zettl sur Unsplash

Mains : National Cancer Institute

Récit

Quand la colère bloquée depuis l’enfance se libère

La libération des émotions, concrètement comment ça se passe ? Je vous invite à le découvrir en vous immergeant dans le voyage de transformation intérieure de Laurence. 

Vous allez peut-être vous reconnaître dans l’histoire de Laurence. Son mari, débordé de travail, est très peu disponible pour elle et leur enfant. Ses attentes de temps-passé-ensemble ne sont pas satisfaites et le sentiment d’être « délaissée » est tellement douloureux qu’elle en arrive parfois à avoir des pulsions suicidaires.

La séance que nous avons faite en juillet 2024 illustre bien la manière dont s’accomplit le travail de guérison psycho-énergétique. 

Cette séance s’est déroulée en deux étapes. D’abord un travail de libération des émotions qui est décrit dans cet article, puis un revécu de naissance (grâce au Rebirth) à lire ici.

Voici le récit de cette phase de « décharge » émotionnelle (ce récit figure ci-dessous en caractère italique). J’y ai ajouté des explications au fur et à mesure pour que tout devienne parfaitement clair pour vous (du moins je l’espère…) !

Un père absent, un mari absent

En début de séance, Laurence a déjà pris conscience qu’elle revit avec son mari exactement la même expérience que celle de son enfance : en effet son père se consacrait presque uniquement à son job. Il rentrait tard le soir en semaine. Tandis que le week end, il restait de son côté à écouter de la musique, passant ainsi peu de temps avec ses enfants.

Laurence explique qu’elle est en colère à l’égard de son père : en tant que petite fille, elle trouvait « injuste qu’il ne soit jamais là, et injuste qu’il ne m’aime pas ».

S’autoriser à exprimer ses émotions

A ce stade elle est déjà donc bien consciente de la colère enfouie au fond d‘elle. Mais savoir qu’on a de la colère n’équivaut pas à ressentir cette émotion ici et maintenant.

Il va falloir établir le contact avec cette énergie émotionnelle afin de pouvoir ensuite la « vider ». 

Je l’accompagne dans cette direction et elle ressent la colère mais, dit-elle, « ça a du mal à sortir »

Il y a, chez beaucoup d’entre nous, des obstacles à l’expression des émotions (des peurs, des interdits… – je ne développe pas ce point ici car c’est un sujet en soi). 

Son et mouvement pour faire bouger l’énergie bloquée

Dans le cas de Laurence, le simple fait de constater que « ça a du mal à sortir » débloque les choses. Et elle ressent aussitôt ce qu’elle appelle des « décharges dans le corps »

Puis en imaginant son père présent en face d’elle, elle exprime sa colère par la voix et le mouvement.

Les sons comme les gestes sont des moyens – parmi d’autres – de libérer l’énergie émotionnelle bloquée. C’est un travail puissant et libérateur. 

J’utilise différentes « techniques » d’accompagnement en fonction du système énergétique de la personne. Il n’y a pas de protocole. On navigue « à vue ». 

Grâce à l’expérience que j’ai accumulée, j’ajuste ma manière d’accompagner pour aller le plus loin possible dans ce travail de libération des barrages émotionnels connus. 

Expression vraie

Puis après cette phase d’expression par la voix et le mouvement, j’invite Laurence à mettre des mots. Elle parle à son père et arrive vite à cette supplication : « Aime-moi ».

Les paroles sont de l’énergie. Si on exprime vraiment ce qu’on a « sur le coeur », librement et jusqu’au bout, l’énergie bloquée – souvent au niveau du coeur justement – se met à bouger dans notre système énergétique.

En nous focalisant sur cette expression « aime-moi », nous poussons plus loin la libération énergétique avec une technique spécifique. Alors c’est le chagrin qui arrive. 

La poursuite du travail énergétique amène le basculement caractéristique de la colère vers la tristesse. 

L’essentiel en bref :

Tout ce processus psycho-énergétique consiste à « vider » la charge émotionnelle qui s’est accumulée durant l’enfance et qui stagne au niveau de blocages dans notre système énergétique. La libération émotionnelle consiste à « aller chercher » l’énergie bloquée et à la remettre en mouvement. Quand le blocage se dissout, l’énergie peut à nouveau circuler librement. Or, une circulation fluide de l’énergie est synonyme de bien-être psychologique.


La séance de Laurence se poursuit. Et à travers un état modifié de conscience induit par la respiration (Rebirth), elle entre en contact avec son vécu lors de sa naissance et de sa vie intra-utérine. Mais c’est une autre histoire… que je vous raconte dans l’article suivant intitulé « Elle guérit en revivant sa naissance » !


Pour en savoir plus sur cette méthode d’accompagnement, je vous invite à lire la page : « La thérapie psycho-énergétique – Le Rebirth »

Crédits photo : Barrage en Norvège : Bjørn Kamfjord sur Unsplash

Kayak : Rune Haugseng sur Unsplash

Ce récit a été publié avec l’accord de Laurence (prénom fictif).

Récit

Expérience vécue : respirer pour lâcher-prise

« J’ai ressenti un bien-être profond, comme une conscience qui me murmure que tout ira bien et qui fait circuler l’énergie de façon fluide dans mon corps. »

Je partage avec vous ici le récit de l’expérience vécue par Claudia durant une séance de Rebirth* en visio : c’est une belle illustration du chemin vers le lâcher-prise. Chemin que l’on peut parcourir avec l’aide de cette technique psycho-énergétique basée sur la respiration.

Ce récit vient illustrer l’article précédent intitulé « Le Rebirth : la voie royale vers le lâcher-prise » que je vous invite également à lire.

Une ‘femme forte’ en couple

Claudia est une jeune ‘femme forte’ qui assume tout. Son compagnon l’ayant quitté au cours de la grossesse de leur fils, elle a élevé seule l’enfant pendant quelques années. Marchant ainsi dans les pas de sa mère qui, aux côtés d’un époux dépressif, « faisait tout ».

Aujourd’hui en couple, elle attend de son nouveau compagnon qu’il soit « un homme avec des épaules », « le leader de la famille ». Elle constate qu’elle a pourtant du mal à lâcher le contrôle. Et qu’elle a tendance à prendre sur elle toutes les responsabilités.**

Son challenge : « lâcher-prise pour qu’il prenne sa place »

En début de séance, alors que nous évoquons ce sujet, je l’invite à sentir comment ce serait de vivre aux côtés d’un tel homme, sur lequel elle pourrait s’appuyer.

Après quelques minutes de respiration connectée et amplifiée (pratique du Rebirth), une évidence s’impose :

« Je prends conscience que c’est une posture de lâcher-prise que je dois avoir pour qu’il prenne sa place. C’est quelque chose dont je n’ai pas l’habitude. »

Son expérience du lâcher-prise : un bien-être profond et une infinie douceur

Dans cet état modifié de conscience induit par le Rebirth, quelques minutes plus tard, elle a justement accès à l’expérience du « lâcher-prise total ». Voici le récit qu’elle me transmettra quelques heures plus tard :

« J’ai ressenti un bien-être profond, comme une conscience qui me murmure que tout ira bien et qui fait circuler l’énergie de façon fluide dans mon corps. Le brouillard de ma tête fait place à un espace serein. J’ai la sensation d’être poreuse, prête à recevoir dans une infinie douceur. »

Même si ce témoignage se suffit à lui-même, je ne résiste pas à l’envie d’ajouter quelques commentaires pour montrer à quel point cette expérience est incroyablement pertinente.

DÉCODAGE 

Nous allons suivre le fil de son texte.

  • « un bien-être profond » : ce sentiment de bien-être résulte du lâcher-prise. En effet, quand les blocages lâchent, une profonde détente s’installe, accompagnée d’un sentiment de sécurité (« tout ira bien »).
  • « l’énergie circule de façon fluide » : c’est précisément l’effet du Rebirth qui est une pratique respiratoire visant à dissoudre les blocages pour que l’énergie circule librement. C’est cette fluidité énergétique qui donne un sentiment de bien-être.
  • « Le brouillard de ma tête fait place à un espace serein. » : à nouveau, la dissipation de la confusion mentale est, avec le bien-être et la détente, un effet automatique du Rebirth. En effet, quand l’énergie circule librement, cela s’accompagne d’une lucidité au plan mental.
  • « prête à recevoir dans une infinie douceur » : la fermeture/contraction énergétiques liées à la ‘femme forte’ se sont dissipées sous l’effet de la respiration. Ainsi elles ont cédé la place au principe féminin (initialement manquant) synonyme de douceur. Autrement dit, il y a un passage du principe masculin dominant (le côté yang de la ‘femme forte’) au principe féminin qui reçoit.

Ces quelques phrases écrites par Claudia sont un condensé des bienfaits du Rebirth. Et surtout ce récit montre que le Rebirth a apporté à Claudia exactement ce dont elle avait besoin.

Comme c’est toujours le cas !


* Séance réalisée en septembre 2023 en visio – prénom fictif pour préserver la confidentialité

** Autrement dit, elle reproduit dans son couple le schéma de ses parents.

Pour en savoir plus, vous trouverez d’autres articles sur le Rebirth sur ce blog.

Crédit photo : Ankush Minda sur Unsplash

Art d'être

Le Rebirth : la voie royale vers le lâcher-prise

La pratique énergétique du Rebirth (basée sur la respiration) nous offre l’opportunité d’expérimenter concrètement ce qu’est le lâcher-prise.

C’est un apprentissage d’un art d’être qui nous transforme en profondeur.

Le lâcher-prise est devenu une notion très populaire… Pour la plupart d’entre nous, il est assez aisé de comprendre intellectuellement ce concept, mais c’est une autre affaire lorsqu’il s’agit de l’appliquer dans notre vie ! Comment fait-on pour lâcher-prise ? Quelle est ‘la recette’ ?!

Autrement dit, comment passer de la connaissance intellectuelle à l’expérience ? A l’expérience non seulement du lâcher-prise, mais aussi de l’acceptation, de la confiance dans la vie, de toutes les attitudes synonymes de bien-être.

Explorer des attitudes nouvelles

Dans l’article précédent intitulé « Se découvrir derrière le miroir de l’expérience », nous avons vu que le Rebirth nous permet d’identifier les modes de fonctionnement automatiques qui contrôlent notre vie et nous enferment dans le mal-être.

Mais l’état modifié de conscience induit par le Rebirth nous permet aussi d’explorer des attitudes nouvelles auxquelles nous ne sommes pas habitués.

Nous allons à la fois découvrir ces attitudes bienfaisantes, et nous y familiariser.

La thérapie ? Oui, mais aussi l’apprentissage d’un art d’être !

A mes yeux, cette richesse potentielle du Rebirth (Pourrait-on parler d’initiation ?) est très précieuse. C’est pourquoi, dans mon accompagnement, je ne me focalise pas uniquement sur le processus de transformation psycho-énergétique qui est généralement vu comme l’atout majeur du Rebirth.

Je me concentre également sur cet apprentissage en guidant la personne dans l’expérimentation des attitudes plus propices au bien-être intérieur.

Intégrer toutes les facettes de l’acceptation

Parmi elles, l’acceptation – tout comme le lâcher-prise – est l’une des notions fondamentales dans l’évolution personnelle. Elle non plus ne nous est pas transmise par l’éducation et la culture ambiante.

Lorsqu’on est immergé dans le voyage du Rebirth et ses multiples facettes (sensations, émotions, émergences de souvenirs…), il est possible d’aborder ce qui se passe avec une posture d’acceptation :

  • être présent à ce qui se passe, en restant avec cela sans rien faire,
  • en l’accueillant tel que c’est, avec une posture intérieure qui considère que « c’est ok »,
  • donc sans vouloir qu’il en soit autrement, sans chercher « une solution », sans lutter…
L’expérience du lâcher-prise s’imprime en nous

Et bien sûr, parmi ces attitudes bénéfiques, une place de choix est réservé au lâcher-prise. Un vécu polymorphe où il s’agit de :

  • lâcher le contrôle,
  • aller vers l’inconnu,
  • accueillir ses peurs et sa vulnérabilité,
  • s’abandonner au processus qui se déroule en nous,
  • accepter les défis et « jouer le jeu »,
  • faire confiance à cette dynamique qui n’est autre que la vie en mouvement…

Rentrer dans l’expérience où « tout lâche », où chaque muscle se détend, où la sensation « physique » d’ouverture s’accompagne d’une impression de fluidité, de légèreté, et en même temps de sécurité.

C’est une expérience multi-facettes – physique, énergétique, spirituelle – qui s’imprime en nous de manière indélébile. Qui est intégrée au cœur de nous-même. Nous devenons alors capables d’utiliser cet art d’être et d’aborder de cette manière, consciemment, la réalité de notre vie.

Ce faisant, nous nourrissons le confort intérieur, la détente, la justesse, l’authenticité, la sagesse. Comme en témoigne l’expérience vécue par Claudia durant une séance de Rebirth* en visio que vous pouvez découvrir dans l’article suivant de cette série : « Expérience vécue : respirer pour lâcher-prise ».


Crédit photo : Hu Chen sur Unsplash

Rebirth

Se découvrir derrière le miroir de l’expérience

L’expérience du Rebirth nous tend un miroir dans lequel nous découvrons les automatismes qui contrôlent notre vie. Et qui nous rendent malheureux… Une prise de conscience précieuse si nous voulons nous en libérer.

Nous abordons chaque aspect de notre vie – en particulier nos relations – avec des postures automatiques. Il est rare que nous soyons conscients de ces postures. Et c’est dommage car :

notre mode de fonctionnement courant est en général à l’exact opposé de ce qui nous apporterait du bien-être !

Voici quelques-uns des automatismes fréquents :

  • Nous avons tendance à vouloir tout contrôler.
  • Nous sommes sans cesse dans l’action (dans ‘le faire’).
  • Nous nous mettons la pression pour atteindre certains objectifs.
  • Cherchant le confort, nous rouspétons et luttons contre ce – et ceux – qui nous dérangent.
  • Nous avons peur de toutes sortes de choses qui pourraient advenir, et nous les anticipons en leur apportant des solutions.
  • Etc.
Deux priorités

On comprend donc à quel point il est important de :

  • Repérer ces comportements inconscients – pour pouvoir en sortir,
  • Et apprendre les attitudes alternatives qui vont nous apporter du mieux-être (conscience, acceptation, lâcher-prise…). Ce deuxième point est évoqué dans l’article « Lâcher-prise ».
Découvrir comment nous réagissons

La respiration connectée et amplifiée propre au Rebirth induit un état modifié de conscience (comme un état de rêve) où l’on est immergé dans notre vécu intérieur, au contact intime avec nos ressentis, nos émotions, nos réactions, nos motivations, etc.

Pendant que le processus de dissolution des blocages psycho-énergétiques se déroule sous nos yeux (fermés !), nous avons l’opportunité de découvrir comment nous réagissons à ce qui se passe.

Prenons quelques exemples.

Fuite, lutte…

Il arrive que l’intensification de la respiration provoque un inconfort physique. On peut alors observer notre réaction face à cet inconfort.

Est-ce que nous nous efforçons de le faire disparaître le plus vite possible ? Peut-être même en luttant contre ces sensations. (Certaines personnes agitent leur corps, frottent les parties du corps où elles ressentent une sensation désagréable.) Est-ce que nous avons plutôt tendance à fuir ? (Certains vont ainsi s’endormir.)

… et bien sûr le contrôle

Un autre aspect que l’on peut évoquer ici, c’est le degré de confiance que nous pouvons accorder au processus en cours.

Certains d’entre nous ont une idée a priori de la manière dont la séance de Rebirth doit se passer pour leur être profitable, et ils vont donc garder le contrôle et essayer d’orienter les choses dans ce sens, plutôt que de laisser le processus se dérouler naturellement et de s’y abandonner.

La posture du « bon élève »

Autre exemple : la plupart d’entre nous aimons plaire, et/ou nous cherchons à prouver que nous sommes à la hauteur, dignes d’intérêt…

Et nous « emmenons tout cela » dans l’expérience du Rebirth en nous efforçant d’être « un bon élève » aux yeux de la personne qui nous accompagne. Par exemple en respectant scrupuleusement les consignes de respiration.

Des mécanismes universels de l’égo

Ainsi – comme nous le disions plus haut -, dans cet état de conscience exacerbée qui est induit par le Rebirth, minute après minute, se déploient sous nos yeux nos modes de fonctionnement habituels. Des pièces s’ajoutent au puzzle de notre connaissance de nous-même.

En fait, ce que nous découvrons alors n’est pas propre à nous-même. Il s’agit des mécanismes universels de l’égo qui se dévoilent.


Crédit photo : Andre Mouton sur Unsplash

Cet article est le premier d’une série de trois articles. Lire la suite :

Pour en savoir plus sur le Rebirth, je vous invite à lire :

Bonne lecture !

Récit

Le Rebirth pour se faire respecter 

Les expériences de transformation psychologique par le Rebirth sont souvent étonnantes ! En voici une illustration à travers le récit d’une séance : une histoire de Moyen-âge, de cachot et de loup…

Avant d’entamer la pratique du Rebirth (respiration consciente, connectée et amplifiée), Marina dresse ce constat : « les autres décident de ma vie pour moi », « je ne dis pas les choses (quand je ne suis pas d’accord) ». Elle identifie à l’intérieur d’elle une « petite fille docile, soumise » qui est à l’origine de cette posture dans sa relation à sa sœur (qui est une relation d’abus).

Elle aimerait devenir capable d’affirmer son point de vue, de se faire respecter, de cesser de se soumettre à la volonté de sa sœur, de dire non…

Allongée, les yeux fermés, Marina débute la respiration connectée caractéristique du Rebirth. Très rapidement, elle ressent une pression au niveau des épaules et du cou. Sur le côté gauche de la tête elle sent la présence « d’une cagoule ».

Une vie antérieure qui détermine le présent

Une image s’impose alors à elle : elle voit un homme revêtu d’une longue robe verte avec cagoule, ceinte par une cordelette à la taille. Puis d’autres hommes apparaissent, revêtus de robes identiques. Elle évoque une congrégation au Moyen-âge.

Son corps se met en mouvement : elle agite les bras, se défend. La réalité s’impose à elle :

« Je n’ai pas le droit de parler ».

Au bout d’un moment, elle raconte : « j’ai sauvé ma vie. Je suis obligée de me convertir. Je porte la robe verte, j’ai perdu. Je suis fatiguée. Ils m’ont eue mais je n’ai pas la cagoule. Je me sens pétrifiée, immobilisée. Je ne suis pas d’accord. Ils m’ont eue. Cela dure depuis très longtemps. Ce n’est pas ma sœur qui est en jeu. Cela vient d’avant. »

Privée de voix et de la liberté d’exprimer ses talents

Marina prend un temps pour respirer à nouveau intensément. De nouvelles images émergent alors. « Je suis dans un cachot (c’est une situation que j’ai déjà rencontrée lors d’un précédent Rebirth). Je suis emprisonnée. Emmurée. Les murs sont faits de pierre blanche. Ce n’est pas dans cette vie-ci, cela fait très longtemps. C’est la même vie que celle avec les hommes habillés en vert. Ce n’est pas la misère car le château est très propre.

« On m’a empêché de parler. Je suis tenue au secret. Je sais beaucoup de choses. Je suis un homme érudit. Quelqu’un d’assez noble. Je suis un savant, j’ai beaucoup appris. » Elle se met à pleurer puis elle ajoute :

« Je suis quelqu’un de valeur »

mais « mon savoir ne sert pas les autres. On m’a mis à l’écart ».

Elle dresse un parallèle avec sa vie actuelle : « c’est un peu ce que je vis dans cette vie. Je dépends d’autres hommes qui sont différents, (alors que) j’ai plus de savoir. Je me vis comme ça. »

L’heure de la décision, du choix

Puis une autre image refait surface. Il s’agit d’une image qui était apparue au tout début de sa respiration, explique-t-elle, et qui revient : « je suis un roitelet en train de chanter sur une branche. » Elle réalise qu’elle a un choix à faire : « Je dois choisir qui je suis : soit l’oiseau, soit dans le cachot, soit (habillée) en vert. Dans quelle vie je suis ? Je n’ai pas choisi ma vie. »

Pendant un temps, elle se confronte à ces questions en silence, puis elle note que dans le cachot, elle est enfermée, que les « hommes verts » veulent l’empêcher de parler et finalement elle décide qu’elle aimerait bien être le petit oiseau qui chante. Car « l’oiseau s’exprime ».

L’oiseau et le loup

Elle devient alors l’oiseau qu’elle perçoit comme fragile, avec une gorge rouge dilatée, souffrante.

« Je suis l’oiseau. Il y a une bagarre (au niveau de la gorge). Il y a un loup dans la gorge qui veut sortir. En fait j’ai un loup en moi ». Elle émet des grognements.

« Je suis un loup en fait, je le ressens bien, une grosse gueule, quatre pattes, ça mange des proies. Mon cerveau n’est pas d’accord car un loup c’est cruel. J’ai un peu peur de m’affirmer en tant que loup. »

La renaissance, enfin !

Alors elle se met à gémir longuement. « J’accouche du loup. J’ai envie de sortir, j’en ai assez de me cacher. J’étais obligée de me cacher. Maman, laisse-moi sortir. Je voudrais m’excuser de sortir. Je suis en train de demander l’autorisation. J’ai conscience d’être un loup. Mon père est exceptionnellement fort ».

Elle pousse un hurlement.

« Je demande l’autorisation. Mais il ne faut pas demander l’autorisation. »

Elle hurle à nouveau longuement ; à un certain moment, la tonalité de ses cris change, sa voix devenant affirmée, grave et puissante. « J’y suis presque. C’est moi qui décide de sortir ».

‘L’accouchement’ est un peu long, elle crie fort, longuement, et finalement : « ça y est. Je suis un bébé. Le loup est à côté. »


Quelques éclairages en complément pour comprendre ce récit :

1 – Dans le déroulement de la séance, on voit clairement la magie du Rebirth qui opère :

  • Avec au départ, dans la scène avec les hommes en vert, l’impossibilité de parler, d’être soi-même (elle doit se convertir).
  • Puis, dans la scène du cachot, elle prend conscience de sa valeur, elle se voit comme une personne qui détient une connaissance précieuse.
  • Finalement elle réalise qu’elle doit choisir, soit de continuer à se taire, soit de rester au fond du cachot, sans dévoiler ses talents, soit de s’exprimer, de prendre sa place (l’oiseau qui chante). Elle choisit de s’exprimer.
  • C’est là qu’on rentre dans la phase finale d’émergence du nouveau. Le loup (symbole de force ?) entre en scène. Ce n’était donc plus une petite fille soumise et cachée mais un loup qui naît. C’est une re-naissance, un « Re-birth », où l’affirmation de sa volonté (je ne demande pas l’autorisation, c’est moi qui décide) et de sa puissance se déploient.

2 – On peut observer aussi que très rapidement, l’intensification de la respiration rend tangible un blocage au niveau des épaules et de la gorge : zone émotionnelle et de l’expression (émotions et expression retenues). Blocage qui correspond au sujet que Marina souhaite traiter. Dans la dernière phase du Rebirth, il y a une libération de ce blocage à travers l’énergie de la voix. Ce faisant, la pratique du Rebirth restaure la fluidité de la circulation énergétique, qui est synonyme de bien-être psychique et de vitalité.


* Récit publié avec l’autorisation de la personne – séance de Rebirth réalisée à mon cabinet en août 2023 – nom fictif pour préserver la confidentialité.

Crédit photo : Photo de Hans Veth sur Unsplash


Pour en savoir plus sur le Rebirth, vous trouverez sur ce site :