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août 2022

Couple

10 conseils pour en finir avec les disputes

Votre couple s’effiloche au fil des disputes ? Rétablir l’harmonie n’est pas un rêve utopique. Voici la marche à suivre sous la forme de 10 conseils.

Dans un précédent article intitulé « La cause cachée des disputes », nous expliquons le mécanisme qui déclenche un conflit. Il peut être utile d’en prendre connaissance pour bien comprendre les conseils qui suivent.

Stratégie n°1 : Anticipez

Conseil 1 : Repérez ce qui déclenche en vous une réaction forte et désagréable à l’égard de votre compagnon•e (vous trouverez des exemples en fin d’article)(1). Ainsi vous pouvez identifier les « situations à risque ».

Conseil 2 : Évitez de vous retrouver dans de telles situations à risque (c’est évident, je sais, mais qui y pense ?!). Prenez toutes les mesures possibles en ce sens. Soyez créatif•ve ! Associez votre conjoint•e à ces ‘mesures de prévention’ en lui expliquant ce qui se jouerait pour vous si une telle situation se produisait. Il devient alors un•e allié•e.

Conseil 3 : Si, toutefois, les conditions déclenchantes surviennent, soyez particulièrement en alerte !

Conseil 4 : Repérez rapidement – si possible en temps réel – quand votre blessure(2) s’active, c’est-à-dire quand apparaît une émotion douloureuse (de colère, tristesse, honte ou peur). (La pratique de la méditation facilite cette étape car elle développe la vigilance, la capacité d’observation, de présence à soi.)

Engagez-vous immédiatement dans les étapes suivantes.

Stratégie n°2 : Agissez en temps réel pour éviter la dispute

Conseil 5 : Quand votre blessure s’active, n’accusez pas l’autre, prenez la responsabilité de votre état intérieur, abstenez-vous – autant que possible ! – de laisser s’exprimer vos émotions à l’égard de votre compagnon•e.

(Précision : vous ne bloquez pas les émotions elles-mêmes, mais seulement leur expression extérieure. Dans le point 7, vous allez voir que les émotions sont les bienvenues.)

Conseil 6 : Si nécessaire, changez de pièce ou allez faire un tour pendant la durée du processus d’auto-accompagnement (point 7). Et ceci, après avoir expliqué à votre compagnon•e que vous avez besoin d’un peu de temps pour faire face à une réaction émotionnelle(3).

Conseil 7 : Procédez à un auto-accompagnement.

L’objectif de cette étape est que la vague réactionnelle se dissipe aussi vite qu’elle a émergé, sans laisser de trace.

Adoptez une posture intérieure accueillante et bienveillante à l’égard de la part de vous blessée qui réagit. L’attitude juste est de respecter cette manifestation normale de la vie, en prenant autant de recul que possible.

1er aspect : Laissez la vague émotionnelle vous traverser (c’est simplement un épisode énergétique), en vous aidant de la respiration si nécessaire (respiration lente et profonde ; en cas de colère pratiquez de fortes EXpirations).

Vous trouverez tout le savoir-faire pour gérer une vague émotionnelle dans l’article « Angoisse : comment retrouver (vite !) le bien-être » – la marche à suivre est la même quel que soit le type d’émotion.

2ème aspect : Ne croyez pas l’histoire qui se raconte dans votre tête, c’est-à-dire les commentaires, les interprétations au sujet de ce qui vient de se passer. N’alimentez pas ce train de pensées.

La lecture de l’article « N’en faites pas une histoire personnelle » va vous aider à maîtriser ce stade.

Lâchez le bavardage mental douloureux, tout simplement en portant votre attention sur autre chose (par exemple vous pouvez compter vos respirations).

3ème aspect : Voyez votre réaction comme un mécanisme égotique automatique facultatif. Si possible lâchez l’identification à toute cette histoire et l’identification à l’égo qui croit cette histoire (perspective non duelle).

Vous pouvez lire à ce propos l’article « Nos problèmes sont facultatifs ».

Ressource disponible éventuellement : si cette étape 7 vous semble un peu difficile à maîtriser, vous pouvez en faire l’apprentissage en séances de sorte qu’ensuite vous pourrez réaliser seul•e ce processus, autant de fois que nécessaire.

L’un de mes objectifs en tant que thérapeute(4) est justement de transmettre ce savoir-faire aussi largement que possible pour que la paix s’installe à l’intérieur de chacun et dans les relations.

Conseil 8 : Partagez votre vécu avec votre compagnon•e (au moment opportun !). Cela approfondira le lien entre vous.

Stratégie n°3 : Supprimez les causes des disputes à l’intérieur de vous

Conseil 9 : Investiguez des situations récentes de difficulté relationnelle pour identifier vos croyances négatives(4), et votre blessure maîtresse(2).

Conseil 10 : Idéalement, dissolvez vos croyances et guérissez votre blessure. Lorsque ce travail est accompli, il n’y a plus de réactivité dans ces mêmes situations. Donc pas de dispute !

Ces étapes 9 et 10 correspondent à un travail plus en profondeur pour lesquelles vous pourriez ressentir le besoin d’être accompagné•e. Quelques séances souvent suffisent pour fortement réduire la réactivité.

Besoin d’éclaircissements sur ces 10 conseils ? Vous pouvez m’adresser vos questions ici. Je vous répondrai avec plaisir.


(1) Exemples de situations qui déclenchent votre réaction : vous vous énervez…

  • quand il/elle vous fait un reproche (ou plus exactement : quand vous avez l’impression qu’il/elle vous fait un reproche) ;
  • quand il/elle est en retard sans prévenir ;
  • quand il/elle continue à regarder son téléphone alors que vous lui parlez ;
  • quand il/elle ne fait pas ce que vous lui avez demandé ; etc.

(2) Blessures maîtresse : l’humiliation, l’abandon, l’impuissance, la trahison, le rejet, l’insécurité, l’injustice.

(3) Ainsi vous prenez soin de l’autre en évitant qu’il se sente abandonné, rejeté, incompris ou autre, autrement dit qu’il souffre de votre réaction.

(4) Plus d’informations sur mon accompagnement thérapeutique ici

(5) Exemples de croyances négatives : je ne mérite pas d’être aimé, je suis nul, je ne peux faire confiance à personne, je dois être parfait, je ne vais pas m’en sortir, je suis seul…


Crédit photo : Priscilla Du Preez on Unsplash

Couple

La cause cachée des disputes

Comment sortir de l’engrenage des disputes dans votre couple ? Je vous propose une immersion au cœur du mécanisme qui sous-tend les disputes. Ce voyage vous ouvrira la porte des solutions qui s’offrent à vous pour désamorcer les conflits*. 

Pour vivre une relation de couple dépourvue de dispute (oui, c’est possible !), il faut d’abord comprendre d’où proviennent les conflits.

Pourquoi votre conjointe a-t-elle réagi si fort lorsque vous lui avez gentiment fait remarquer qu’elle avait oublié de jeter la poubelle en partant au travail ? Pourquoi votre conjoint a-t-il boudé toute la soirée alors que vous aviez seulement 10 minutes de retard à votre rendez-vous ? Pourquoi, à votre tour, vous êtes-vous laissé•e emporter par une réaction qui a déclenché une dispute ? Autant de questions qui laissent perplexes la plupart d’entre nous !

Une fois que le mécanisme qui engendre les disputes est clair dans notre esprit, les différentes stratégies possibles pour les éviter deviennent évidentes et nous les développerons ensuite*.

Donc regardons d’abord comment s’enclenchent les disputes.

Le cercle vertueux dans le couple

Potentiellement toute relation de couple peut être harmonieuse !

La relation fonctionne alors tel un « cercle vertueux » où chacun apporte à l’autre exactement ce dont il a besoin : de la sécurité, de l’amour, de l’accueil, du respect, de la confiance, de la valorisation, du soutien, du réconfort, de la compréhension… Et cela, naturellement et sans effort !

Si vous êtes familier avec le concept d’enfant intérieur, on peut dire qu’alors il y a une interaction positive et nourrissante entre la part adulte de l’un et l’enfant intérieur de l’autre ; et réciproquement.

La part adulte de l’un prend soin de l’enfant chez l’autre en lui apportant ce dont il a besoin, compte tenu de sa blessure spécifique : si l’enfant intérieur de l’homme a souffert d’humiliation lorsqu’il était petit et porte donc encore cette blessure aujourd’hui, la part adulte de la femme lui apporte ce dont il a besoin, à savoir un regard toujours bienveillant, l’impression d’être apprécié tel qu’il est, par exemple.

La dispute : un symptôme

La présence de disputes est un symptôme qui révèle qu’au niveau sous-jacent, un mode de fonctionnement différent de ce « cercle vertueux » est en train d’opérer.

Si une petite phrase insignifiante – ou un comportement anodin – a mis le feu aux poudres, c’est parce que cette parole a touché l’autre « là où cela fait mal ».

Généralement, on ne voit que les paroles et les actes, sans avoir la moindre idée de ce qui cache ‘dessous’, à savoir des blessures qui sont touchées, provoquant une douleur psychologique.

Une réaction de défense

Ainsi s’enclenche un mécanisme en trois étapes :

  • Confronté à telle parole ou tel comportement de B, l’enfant intérieur de A est blessé.
  • Cela provoque chez A une réaction automatique qui vise à protéger la part blessée de A. Cette réaction peut prendre des formes diverses – colère / agressivité, fuite, revanche (petite phrase humiliante ou coupure du lien par éloignement par exemple), etc.
  • Bien souvent, cette riposte atteint la part blessée de B, suscitant sa réaction en retour. On rentre alors dans un cercle vicieux.

C’est l’engrenage de la dispute. (Je donne un exemple concret un peu plus loin.)

La relation devient alors source de souffrance. Au lieu d’être un espace de sécurité, le couple devient un ring où deux égos se confrontent et agissent comme un « bourreau » l’un à l’égard de l’autre. Alors même qu’au départ, on n’a aucunement l’intention de blesser l’autre (dans la plupart des cas).

Mélissa et David : deux blessures face à face

Pour éclairer cela, prenons un exemple concret.

Mélissa attend David qui doit garder leur enfant pendant qu’elle va chez le médecin. David rentre à la maison en retard par rapport à l’heure convenue. Ce retard réactive en elle sa blessure maîtresse centrée sur la croyance : « je ne suis pas importante ». Avec la vague émotionnelle qui en résulte.

Bien que contrariée, Mélissa prend sur elle, gère son état intérieur aussi bien que possible et ne dit rien (pour éviter une dispute). Mais aux yeux de David, son attitude véhicule le message « on ne peut pas compter sur toi ». Ce reproche implicite touche chez David un point très douloureux : il se sent nul du fait qu’il ne réussit pas à être fiable. Et cela suscite en lui un sentiment de désespoir.

Deux blessures face à face. Et malgré l’amour, ils se font souffrir mutuellement.

Heureusement, cela est évitable.

Voie royale vers l’épanouissement

La première étape consiste à apprendre à gérer la situation lorsque les signes avant-coureurs d’une dispute potentielle apparaissent. Pour ce faire, je propose un savoir-faire dans l’article « 10 conseils pour en finir avec les disputes ».

La voie royale pour sortir de la spirale des disputes reste la thérapie – et il n’est pas nécessaire d’y consacrer des années pour que les choses bougent. Une fois nos blessures guéries et nos croyances négatives dissoutes (même en partie), les déclencheurs antérieurs ne suscitent plus de réaction émotionnelle en nous (ou seulement une mini réaction). Pas de réaction, pas de dispute – et on s’épanouit au sein du couple.


* Les solutions sont traitées dans l’article « 10 conseils pour en finir avec les disputes ».

Crédit photo : Photo by Steve Smith on Unsplash

Savoir-faire

Angoisse : comment s’en libérer (vite !)

Quand une angoisse s’empare de nous, que faire ? Comment réagir de manière appropriée afin qu’une sensation de confort revienne rapidement ?

Je vous présente ici une méthode simple et très efficace que j’utilise couramment en séance. Un savoir-faire qui est à la portée de tous.

La méthode que j’expose ici ne va pas vous permettre de vous libérer des causes de l’angoisse, mais il s’agit plutôt d’un savoir-faire qui vise à ‘gérer’ l’angoisse.

Avec un double objectif :

  • qu’elle devienne supportable,
  • et qu’elle se dissipe peu à peu, afin que s’installe à nouveau une atmosphère intérieure confortable.

L’angoisse se manifeste dans le corps à travers des sensations spécifiques, une modification de la respiration, et une ‘atmosphère physique’ oppressante. L’approche proposée repose sur deux piliers :

  • l’observation du corps,
  • tout en maintenant une attitude juste.

Explications.

Observer, observer et…observer !

Quand l’angoisse se manifeste, on observe les sensations (par exemple un point douloureux dans le cœur, une pression au niveau de la gorge, une impression d’écrasement, etc.). Il s’agit de regarder simplement la ou les sensations en restant complètement neutre. Il est plus facile de réaliser cette observation les yeux fermés. Pendant toute la durée de cet exercice, on va observer et ne rien faire de plus !

Toute l’attention est portée sur les détails de cet événement intérieur. Par exemple, s’il y a une boule au niveau du cœur, on observe finement comment elle se présente :

  • où se trouve-t-elle ?
  • quelle est sa forme ?
  • quelle est sa taille ?
  • quel est son aspect extérieur (couleur, texture) ?
  • comment est-elle à l’intérieur (vide/pleine, densité) ?
  • etc.
Neutralité et acceptation

On s’abstient de commenter en se disant par exemple « je n’aime pas, c’est désagréable », et à fortiori de dramatiser. On reste neutre : « Voici ce qui se passe maintenant, et c’est tout. »

Pendant toute la durée de cet exercice, il importe de conserver une attitude juste, à savoir une posture intérieure de neutralité et d’acceptation : « c’est ce qui est là maintenant et c’est OK comme ça. »

On regarde ce qui se présente dans notre corps en laissant de côté toute envie que cela soit différent et toute intention que ‘cela change’. Donc on ne s’engage pas dans une posture active qui chercherait un certain résultat ; on ne fait rien !

Rien, à part observer !

Une transformation spontanée

On se concentre sur l’observation, et la magie opère sous nos yeux (fermés !). Rien n’est figé, c’est le principe même de la vie ; on assiste donc à une transformation progressive des sensations. Par exemple elles se déplacent, deviennent plus diffuses, se dissolvent, ou se transforment en des sensations différentes ailleurs dans le corps. En fait tout est possible…

C’est la combinaison d’une observation attentive avec une attitude juste qui va faciliter ce processus de transformation.

Ni vouloir, ni refuser

Il faut donc éviter plusieurs attitudes inappropriées qui pourraient freiner cette transformation. On a parfois tendance à vouloir que ‘ça lâche’ et il y a une contraction* intérieure pour atteindre cet objectif.

C’est plutôt l’inverse que l’on vise, à savoir la détente et l’acceptation de ce qui est là en cet instant, sans attente. Mieux vaut se dire que la situation va évoluer à son propre rythme et en attendant, on prend les choses comme elles sont.

Il se peut aussi qu’une autre attitude émerge : on refuse, on s’oppose à telle sensation (par exemple car on la juge désagréable). Cette résistance à ce qui est là maintenant se traduit aussi par une contraction*, alors qu’on cherche à l’inverse à ce que l’énergie circule librement.

Si vous souffrez d’angoisse, je vous invite à essayer cet exercice. Quelques minutes peuvent suffire, mais parfois il faut pratiquer pendant 20 minutes ou plus pour retrouver son calme. Vos feedbacks sont les bienvenus. Vos questions aussi ; vous pouvez les poster ici.

A noter : ce savoir-faire peut être appliqué de manière identique face à n’importe quel état intérieur inconfortable (colère, tristesse…)


* La contraction dont nous parlons ici est un phénomène subtil et pas forcément perceptible.

Crédit photo : Photo by Aaron Burden on Unsplash

Copyright : Anne Lautier