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Récit

Récit

Comment la parole l’a aidée à faire son deuil (3/3)

Que faire quand on ne parvient pas à faire le deuil d’un proche ? 

Voici le récit de Corinne qui a retrouvé la paix après des mois d’angoisses nocturnes. 

L’accompagnement thérapeutique, avec la technique de pacification transgénérationnelle, a permis de dissoudre les obstacles qui bloquaient le processus de deuil.

Lorsqu’elle arrive à sa première séance de thérapie (réalisée en visio), Corinne souffre d’angoisses : elle se réveille la nuit avec l’impression d’étouffer. 

Le principal sujet qui émerge est le décès de sa mère qui a eu lieu un an et demi plus tôt. 

Le plus difficile pour elle est de ne pas avoir pu être aux côtés de sa mère lorsque celle-ci est partie

(en raison des restrictions aux visites imposées lors de la crise du covid). 

Trop-plein émotionnel : tristesse, colère, culpabilité

En plus du chagrin d’avoir perdu sa mère dont elle était proche, Corinne est en colère vis-à-vis de l’institution qui venait d’accueillir sa mère et qu’elle accuse de ne pas s’en être occupée correctement. 

Mais elle est aussi en colère vis-à-vis d’elle-même : elle se reproche d’avoir abandonné sa mère, “d’avoir été un mouton” qui obéit et ne conteste pas les règles de visite : “on n’a pas eu conscience du désastre que cela allait provoquer. Une heure (de visite) par semaine, c’est inacceptable.”

En outre, elle ressent de la culpabilité de l’avoir mise dans une institution (après s’en être occupée elle-même) : “je n’y arrivais plus, j’ai craqué ; si je n’avais pas craqué, cela ne se serait pas passé comme ça.” Et elle se sent coupable d’être heureuse : “je n’ai pas le droit de me sentir bien ; c’est comme si j’abandonne encore ma mère”.

Libération émotionnelle et pacification transgénérationnelle

Comme première étape visant à la soulager, nous réalisons une première “vidange” de l’énergie émotionnelle bloquée. S’adressant au directeur de l’institution, Corinne exprime ce qu’elle a sur le cœur, l’insultant copieusement !

Puis nous utilisons une technique appelée la pacification transgénérationnelle qui a prouvé son efficacité pour apporter un apaisement dans le cas d’un deuil difficile. 

D’ailleurs, dès la deuxième séance qui a lieu une semaine plus tard, Corinne annonce que ses angoisses nocturnes ont disparu.

La parole au centre de la guérison

Dans cet exercice, elle s’adresse directement à sa mère comme si celle-ci était présente en face d’elle. Elle exprime ses regrets :

“je ne voulais pas te laisser, je suis désolée, on aurait dû s’imposer et aller te voir.

On n’y arrivait plus, mais c’était une mauvaise décision (…). On aurait voulu te tenir la main jusqu’au bout, comme tu as toujours été là pour nous (…)”.

Puis sa mère lui répond : “(…) C’est bien ce que vous avez fait (= s’occuper d’elle à la maison). C’était difficile et vous l’avez fait. C’est vrai que j’étais perdue les derniers jours (…).

Je sais bien que vous ne m’avez pas abandonnée (même si) j’étais toute seule (…)”.

Le processus de deuil peut suivre son cours 

Lorsque cet exercice s’achève, Corinne fait face à une forte réaction corporelle et je l’accompagne en lui indiquant comment la gérer.

Lors de la deuxième séance, elle raconte que, durant les trois jours suivant la première séance, elle a continué à « insulter le directeur ». Nous travaillons à nouveau sur sa colère et également sur sa culpabilité et sur l’impossibilité de tout contrôler. 

Par la suite, il n’a pas été nécessaire de revenir sur le sujet du deuil. Les séances ultérieures ont porté sur d’autres problématiques. Car la technique de pacification transgénérationnelle, combinée à la libération émotionnelle, a apporté un soulagement immédiat et a permis au processus de deuil de suivre son cours.


Naturellement ce récit est publié avec l’accord de la personne concernée.


Pour aller plus loin, vous pouvez lire : 

– l’article Deuil : apaiser la relation avec le défunt – 1/3” qui explique comment fonctionne la technique de pacification transgénérationnelle appliquée au deuil,

– le récit “Après une suicide : pacifier la relation avec le défunt – 2/3″

– la présentation générale de la technique de pacification transgénérationnelle

Récit

Après un suicide : pacifier la relation pour faire son deuil – 2/3

Comment trouver l’apaisement après le suicide d’un proche ? Voici le récit de l’expérience thérapeutique d’Emma dont le frère a mis fin à ses jours. 

La technique de pacification utilisée* l’a libérée du poids émotionnel qu’elle portait en elle et qui bloquait son processus de deuil.

Dès la première séance, lorsqu’Emma avait évoqué le suicide de son frère, elle avait eu les larmes aux yeux. Il était évident que ce sujet était chargé émotionnellement bien que ce soit une vieille histoire. En effet, Max avait mis fin à ses jours 17 ans plus tôt.

Une technique peu conventionnelle 

Après quelques séances consacrées à des problématiques plus urgentes, nous en venons à aborder ce deuil non fini. 

Je propose à Emma un exercice (peu conventionnel !) que j’utilise fréquemment avec de très bons résultats lorsqu’il s’agit de pacifier une relation avec un proche défunt. Cet exercice provient de la technique dénommée “pacification transgénérationnelle”.

Emma est partante ! Dans la première phase de l’exercice, elle s’adresse à Max comme s’il était présent en face d’elle. 

Je m’attendais à ce qu’elle exprime à nouveau le regret abordé lors de la première séance, à savoir le regret de ne pas lui avoir rendu visite et dit au revoir avant qu’il ne mette fin à ses jours.

Et ce n’est pas du tout ce qui se passe !

Emma formule ses reproches

Ce sont des reproches teintés de colère qui arrivent sur le devant de la scène. Emma reproche à son frère de ne pas lui avoir dit au revoir, de lui avoir caché son état dépressif, de lui avoir menti en démentant un projet de suicide. Elle égrène une longue liste de reproches concernant les erreurs qu’il a commises durant sa vie, comme de conduire sans permis ou d’inciter son fils à boire. 

Ce qui reste incompréhensible pour Emma, c’est le gâchis : “je suis sûre que tu avais toutes les cartes en main. Ce n’est pas le chemin que tu as choisi.”

Il explique son geste

Dans la deuxième phase de l’exercice, Emma prend la place de Max qui répond. Il avoue à quel point sa vie était insupportable : “cela ne pouvait plus continuer comme ça”. Il évoque une recherche désespérée d’amour : “je cherchais dans toutes les femmes quelqu’un qui m’aimerait inconditionnellement”. Et il reconnaît ses erreurs : “je n’ai pas toujours fait les bons choix”. Pour ce qui est des au revoir, il explique : “j’ai dit au revoir à maman, c’est tout ce que je pouvais faire”.

Puis, vient un moment encore plus émouvant : Emma et Max se disent tour à tour qu’ils s’aiment.

L’acceptation du suicide

Après l’exercice, lors du débrief, Emma est visiblement secouée d’avoir clairement ressenti la souffrance de son frère. Elle raconte : “c’était raide ; lorsque j’étais Max, je sentais que je ne vais pas y arriver”. 

En fin de compte, elle se sent soulagée d’avoir osé exprimer ses reproches. Elle arrive à une vision plus claire et une certaine acceptation du geste de son frère : “il se voyait victime, il pensait qu’il était mal aimé. Ce n’est pas vrai, il y avait plein de gens à l’enterrement. Il voyait la coupe à moitié vide ; c’est dommage. Mais c’est son libre arbitre, c’est le chemin qu’il a choisi”.

L’apaisement 

A la séance suivante, elle raconte que le lendemain de la séance de pacification, elle “était en apesanteur” (sic)… Et après une expression complémentaire de reproches, elle a trouvé l’apaisement.


Naturellement ce récit est publié avec l’accord de la personne concernée. Les prénoms sont fictifs pour préserver la confidentialité.


* Pour aller plus loin, vous pouvez lire  : 

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Quand la colère bloquée depuis l’enfance se libère

La libération des émotions, concrètement comment ça se passe ? Je vous invite à le découvrir en vous immergeant dans le voyage de transformation intérieure de Laurence. 

Vous allez peut-être vous reconnaître dans l’histoire de Laurence. Son mari, débordé de travail, est très peu disponible pour elle et leur enfant. Ses attentes de temps-passé-ensemble ne sont pas satisfaites et le sentiment d’être « délaissée » est tellement douloureux qu’elle en arrive parfois à avoir des pulsions suicidaires.

La séance que nous avons faite en juillet 2024 illustre bien la manière dont s’accomplit le travail de guérison psycho-énergétique. 

Cette séance s’est déroulée en deux étapes. D’abord un travail de libération des émotions qui est décrit dans cet article, puis un revécu de naissance (grâce au Rebirth) à lire ici.

Voici le récit de cette phase de « décharge » émotionnelle (ce récit figure ci-dessous en caractère italique). J’y ai ajouté des explications au fur et à mesure pour que tout devienne parfaitement clair pour vous (du moins je l’espère…) !

Un père absent, un mari absent

En début de séance, Laurence a déjà pris conscience qu’elle revit avec son mari exactement la même expérience que celle de son enfance : en effet son père se consacrait presque uniquement à son job. Il rentrait tard le soir en semaine. Tandis que le week end, il restait de son côté à écouter de la musique, passant ainsi peu de temps avec ses enfants.

Laurence explique qu’elle est en colère à l’égard de son père : en tant que petite fille, elle trouvait « injuste qu’il ne soit jamais là, et injuste qu’il ne m’aime pas ».

S’autoriser à exprimer ses émotions

A ce stade elle est déjà donc bien consciente de la colère enfouie au fond d‘elle. Mais savoir qu’on a de la colère n’équivaut pas à ressentir cette émotion ici et maintenant.

Il va falloir établir le contact avec cette énergie émotionnelle afin de pouvoir ensuite la « vider ». 

Je l’accompagne dans cette direction et elle ressent la colère mais, dit-elle, « ça a du mal à sortir »

Il y a, chez beaucoup d’entre nous, des obstacles à l’expression des émotions (des peurs, des interdits… – je ne développe pas ce point ici car c’est un sujet en soi). 

Son et mouvement pour faire bouger l’énergie bloquée

Dans le cas de Laurence, le simple fait de constater que « ça a du mal à sortir » débloque les choses. Et elle ressent aussitôt ce qu’elle appelle des « décharges dans le corps »

Puis en imaginant son père présent en face d’elle, elle exprime sa colère par la voix et le mouvement.

Les sons comme les gestes sont des moyens – parmi d’autres – de libérer l’énergie émotionnelle bloquée. C’est un travail puissant et libérateur. 

J’utilise différentes « techniques » d’accompagnement en fonction du système énergétique de la personne. Il n’y a pas de protocole. On navigue « à vue ». 

Grâce à l’expérience que j’ai accumulée, j’ajuste ma manière d’accompagner pour aller le plus loin possible dans ce travail de libération des barrages émotionnels connus. 

Expression vraie

Puis après cette phase d’expression par la voix et le mouvement, j’invite Laurence à mettre des mots. Elle parle à son père et arrive vite à cette supplication : « Aime-moi ».

Les paroles sont de l’énergie. Si on exprime vraiment ce qu’on a « sur le coeur », librement et jusqu’au bout, l’énergie bloquée – souvent au niveau du coeur justement – se met à bouger dans notre système énergétique.

En nous focalisant sur cette expression « aime-moi », nous poussons plus loin la libération énergétique avec une technique spécifique. Alors c’est le chagrin qui arrive. 

La poursuite du travail énergétique amène le basculement caractéristique de la colère vers la tristesse. 

L’essentiel en bref :

Tout ce processus psycho-énergétique consiste à « vider » la charge émotionnelle qui s’est accumulée durant l’enfance et qui stagne au niveau de blocages dans notre système énergétique. La libération émotionnelle consiste à « aller chercher » l’énergie bloquée et à la remettre en mouvement. Quand le blocage se dissout, l’énergie peut à nouveau circuler librement. Or, une circulation fluide de l’énergie est synonyme de bien-être psychologique.


La séance de Laurence se poursuit. Et à travers un état modifié de conscience induit par la respiration (Rebirth), elle entre en contact avec son vécu lors de sa naissance et de sa vie intra-utérine. Mais c’est une autre histoire… que je vous raconte dans l’article suivant intitulé « Elle guérit en revivant sa naissance » !


Pour en savoir plus sur cette méthode d’accompagnement, je vous invite à lire la page : « La thérapie psycho-énergétique – Le Rebirth »

Crédits photo : Barrage en Norvège : Bjørn Kamfjord sur Unsplash

Kayak : Rune Haugseng sur Unsplash

Ce récit a été publié avec l’accord de Laurence (prénom fictif).

Récit

Expérience vécue : respirer pour lâcher-prise

« J’ai ressenti un bien-être profond, comme une conscience qui me murmure que tout ira bien et qui fait circuler l’énergie de façon fluide dans mon corps. »

Je partage avec vous ici le récit de l’expérience vécue par Claudia durant une séance de Rebirth* en visio : c’est une belle illustration du chemin vers le lâcher-prise. Chemin que l’on peut parcourir avec l’aide de cette technique psycho-énergétique basée sur la respiration.

Ce récit vient illustrer l’article précédent intitulé « Le Rebirth : la voie royale vers le lâcher-prise » que je vous invite également à lire.

Une ‘femme forte’ en couple

Claudia est une jeune ‘femme forte’ qui assume tout. Son compagnon l’ayant quitté au cours de la grossesse de leur fils, elle a élevé seule l’enfant pendant quelques années. Marchant ainsi dans les pas de sa mère qui, aux côtés d’un époux dépressif, « faisait tout ».

Aujourd’hui en couple, elle attend de son nouveau compagnon qu’il soit « un homme avec des épaules », « le leader de la famille ». Elle constate qu’elle a pourtant du mal à lâcher le contrôle. Et qu’elle a tendance à prendre sur elle toutes les responsabilités.**

Son challenge : « lâcher-prise pour qu’il prenne sa place »

En début de séance, alors que nous évoquons ce sujet, je l’invite à sentir comment ce serait de vivre aux côtés d’un tel homme, sur lequel elle pourrait s’appuyer.

Après quelques minutes de respiration connectée et amplifiée (pratique du Rebirth), une évidence s’impose :

« Je prends conscience que c’est une posture de lâcher-prise que je dois avoir pour qu’il prenne sa place. C’est quelque chose dont je n’ai pas l’habitude. »

Son expérience du lâcher-prise : un bien-être profond et une infinie douceur

Dans cet état modifié de conscience induit par le Rebirth, quelques minutes plus tard, elle a justement accès à l’expérience du « lâcher-prise total ». Voici le récit qu’elle me transmettra quelques heures plus tard :

« J’ai ressenti un bien-être profond, comme une conscience qui me murmure que tout ira bien et qui fait circuler l’énergie de façon fluide dans mon corps. Le brouillard de ma tête fait place à un espace serein. J’ai la sensation d’être poreuse, prête à recevoir dans une infinie douceur. »

Même si ce témoignage se suffit à lui-même, je ne résiste pas à l’envie d’ajouter quelques commentaires pour montrer à quel point cette expérience est incroyablement pertinente.

DÉCODAGE 

Nous allons suivre le fil de son texte.

  • « un bien-être profond » : ce sentiment de bien-être résulte du lâcher-prise. En effet, quand les blocages lâchent, une profonde détente s’installe, accompagnée d’un sentiment de sécurité (« tout ira bien »).
  • « l’énergie circule de façon fluide » : c’est précisément l’effet du Rebirth qui est une pratique respiratoire visant à dissoudre les blocages pour que l’énergie circule librement. C’est cette fluidité énergétique qui donne un sentiment de bien-être.
  • « Le brouillard de ma tête fait place à un espace serein. » : à nouveau, la dissipation de la confusion mentale est, avec le bien-être et la détente, un effet automatique du Rebirth. En effet, quand l’énergie circule librement, cela s’accompagne d’une lucidité au plan mental.
  • « prête à recevoir dans une infinie douceur » : la fermeture/contraction énergétiques liées à la ‘femme forte’ se sont dissipées sous l’effet de la respiration. Ainsi elles ont cédé la place au principe féminin (initialement manquant) synonyme de douceur. Autrement dit, il y a un passage du principe masculin dominant (le côté yang de la ‘femme forte’) au principe féminin qui reçoit.

Ces quelques phrases écrites par Claudia sont un condensé des bienfaits du Rebirth. Et surtout ce récit montre que le Rebirth a apporté à Claudia exactement ce dont elle avait besoin.

Comme c’est toujours le cas !


* Séance réalisée en septembre 2023 en visio – prénom fictif pour préserver la confidentialité

** Autrement dit, elle reproduit dans son couple le schéma de ses parents.

Pour en savoir plus, vous trouverez d’autres articles sur le Rebirth sur ce blog.

Crédit photo : Ankush Minda sur Unsplash

Récit

Le Rebirth pour se faire respecter 

Les expériences de transformation psychologique par le Rebirth sont souvent étonnantes ! En voici une illustration à travers le récit d’une séance : une histoire de Moyen-âge, de cachot et de loup…

Avant d’entamer la pratique du Rebirth (respiration consciente, connectée et amplifiée), Marina dresse ce constat : « les autres décident de ma vie pour moi », « je ne dis pas les choses (quand je ne suis pas d’accord) ». Elle identifie à l’intérieur d’elle une « petite fille docile, soumise » qui est à l’origine de cette posture dans sa relation à sa sœur (qui est une relation d’abus).

Elle aimerait devenir capable d’affirmer son point de vue, de se faire respecter, de cesser de se soumettre à la volonté de sa sœur, de dire non…

Allongée, les yeux fermés, Marina débute la respiration connectée caractéristique du Rebirth. Très rapidement, elle ressent une pression au niveau des épaules et du cou. Sur le côté gauche de la tête elle sent la présence « d’une cagoule ».

Une vie antérieure qui détermine le présent

Une image s’impose alors à elle : elle voit un homme revêtu d’une longue robe verte avec cagoule, ceinte par une cordelette à la taille. Puis d’autres hommes apparaissent, revêtus de robes identiques. Elle évoque une congrégation au Moyen-âge.

Son corps se met en mouvement : elle agite les bras, se défend. La réalité s’impose à elle :

« Je n’ai pas le droit de parler ».

Au bout d’un moment, elle raconte : « j’ai sauvé ma vie. Je suis obligée de me convertir. Je porte la robe verte, j’ai perdu. Je suis fatiguée. Ils m’ont eue mais je n’ai pas la cagoule. Je me sens pétrifiée, immobilisée. Je ne suis pas d’accord. Ils m’ont eue. Cela dure depuis très longtemps. Ce n’est pas ma sœur qui est en jeu. Cela vient d’avant. »

Privée de voix et de la liberté d’exprimer ses talents

Marina prend un temps pour respirer à nouveau intensément. De nouvelles images émergent alors. « Je suis dans un cachot (c’est une situation que j’ai déjà rencontrée lors d’un précédent Rebirth). Je suis emprisonnée. Emmurée. Les murs sont faits de pierre blanche. Ce n’est pas dans cette vie-ci, cela fait très longtemps. C’est la même vie que celle avec les hommes habillés en vert. Ce n’est pas la misère car le château est très propre.

« On m’a empêché de parler. Je suis tenue au secret. Je sais beaucoup de choses. Je suis un homme érudit. Quelqu’un d’assez noble. Je suis un savant, j’ai beaucoup appris. » Elle se met à pleurer puis elle ajoute :

« Je suis quelqu’un de valeur »

mais « mon savoir ne sert pas les autres. On m’a mis à l’écart ».

Elle dresse un parallèle avec sa vie actuelle : « c’est un peu ce que je vis dans cette vie. Je dépends d’autres hommes qui sont différents, (alors que) j’ai plus de savoir. Je me vis comme ça. »

L’heure de la décision, du choix

Puis une autre image refait surface. Il s’agit d’une image qui était apparue au tout début de sa respiration, explique-t-elle, et qui revient : « je suis un roitelet en train de chanter sur une branche. » Elle réalise qu’elle a un choix à faire : « Je dois choisir qui je suis : soit l’oiseau, soit dans le cachot, soit (habillée) en vert. Dans quelle vie je suis ? Je n’ai pas choisi ma vie. »

Pendant un temps, elle se confronte à ces questions en silence, puis elle note que dans le cachot, elle est enfermée, que les « hommes verts » veulent l’empêcher de parler et finalement elle décide qu’elle aimerait bien être le petit oiseau qui chante. Car « l’oiseau s’exprime ».

L’oiseau et le loup

Elle devient alors l’oiseau qu’elle perçoit comme fragile, avec une gorge rouge dilatée, souffrante.

« Je suis l’oiseau. Il y a une bagarre (au niveau de la gorge). Il y a un loup dans la gorge qui veut sortir. En fait j’ai un loup en moi ». Elle émet des grognements.

« Je suis un loup en fait, je le ressens bien, une grosse gueule, quatre pattes, ça mange des proies. Mon cerveau n’est pas d’accord car un loup c’est cruel. J’ai un peu peur de m’affirmer en tant que loup. »

La renaissance, enfin !

Alors elle se met à gémir longuement. « J’accouche du loup. J’ai envie de sortir, j’en ai assez de me cacher. J’étais obligée de me cacher. Maman, laisse-moi sortir. Je voudrais m’excuser de sortir. Je suis en train de demander l’autorisation. J’ai conscience d’être un loup. Mon père est exceptionnellement fort ».

Elle pousse un hurlement.

« Je demande l’autorisation. Mais il ne faut pas demander l’autorisation. »

Elle hurle à nouveau longuement ; à un certain moment, la tonalité de ses cris change, sa voix devenant affirmée, grave et puissante. « J’y suis presque. C’est moi qui décide de sortir ».

‘L’accouchement’ est un peu long, elle crie fort, longuement, et finalement : « ça y est. Je suis un bébé. Le loup est à côté. »


Quelques éclairages en complément pour comprendre ce récit :

1 – Dans le déroulement de la séance, on voit clairement la magie du Rebirth qui opère :

  • Avec au départ, dans la scène avec les hommes en vert, l’impossibilité de parler, d’être soi-même (elle doit se convertir).
  • Puis, dans la scène du cachot, elle prend conscience de sa valeur, elle se voit comme une personne qui détient une connaissance précieuse.
  • Finalement elle réalise qu’elle doit choisir, soit de continuer à se taire, soit de rester au fond du cachot, sans dévoiler ses talents, soit de s’exprimer, de prendre sa place (l’oiseau qui chante). Elle choisit de s’exprimer.
  • C’est là qu’on rentre dans la phase finale d’émergence du nouveau. Le loup (symbole de force ?) entre en scène. Ce n’était donc plus une petite fille soumise et cachée mais un loup qui naît. C’est une re-naissance, un « Re-birth », où l’affirmation de sa volonté (je ne demande pas l’autorisation, c’est moi qui décide) et de sa puissance se déploient.

2 – On peut observer aussi que très rapidement, l’intensification de la respiration rend tangible un blocage au niveau des épaules et de la gorge : zone émotionnelle et de l’expression (émotions et expression retenues). Blocage qui correspond au sujet que Marina souhaite traiter. Dans la dernière phase du Rebirth, il y a une libération de ce blocage à travers l’énergie de la voix. Ce faisant, la pratique du Rebirth restaure la fluidité de la circulation énergétique, qui est synonyme de bien-être psychique et de vitalité.


* Récit publié avec l’autorisation de la personne – séance de Rebirth réalisée à mon cabinet en août 2023 – nom fictif pour préserver la confidentialité.

Crédit photo : Photo de Hans Veth sur Unsplash


Pour en savoir plus sur le Rebirth, vous trouverez sur ce site :

Récit

Rebirth : laser de la guérison psychologique

Le Rebirth permet d’accéder aux causes inconscientes de notre mal-être. Causes qui remontent parfois à des vies antérieures. Illustration

Au fil des Rebirth que j’accompagne, je ne cesse d’être éblouie par ce qui se déroule sous mes yeux et qui semble relever de la magie ! Le flux d’énergie issu de la respiration amplifiée va atteindre, tel un rayon laser, les « points » pertinents.

Il y a dans le Rebirth un véritable génie de guérison qui sait ce qui doit être guéri à ce moment précis. Il suffit de respirer et de laisser faire ; les transformations énergétiques nécessaires à la guérison psychologique vont s’opérer.

Des mémoires à libérer

Pour la personne qui vit le Rebirth, cela peut prendre des formes diverses. Les libérations émotionnelles sont courantes, surtout en début de thérapie.

Le Rebirth peut aussi faire émerger des contenus inconscients qui sont à la racine du ‘problème’ abordé durant la séance. Il peut s’agir de souvenirs de la naissance*. Parfois ce sont des mémoires de la vie intra-utérine qui font surface.

Et il n’est pas rare qu’arrivent à la conscience des épisodes perçus comme des souvenirs de vies antérieures. Ou des expériences qui relèvent de l’héritage transgénérationnel ou de l’inconscient collectif. Ou d’expériences transpersonnelles, autrement dit qui vont au-delà du vécu en tant que personne.

Comme dans l’expérience d’Émilie que je vais évoquer maintenant à titre d’illustration.

Émilie se souvient de vies passées

En se présentant au cours de la première séance, Émilie a indiqué qu’elle était obsédée par l’idée de la mort. Elle a très peur de la mort de ses proches. Le décès d’un membre de sa famille alors qu’elle était enfant reste particulièrement douloureux. Émilie a vécu plusieurs ruptures amoureuses brutales. Le thème de la séparation et de la mort a donc été abordé lors de nos séances.

Lors de la 5ème séance au cours de laquelle nous pratiquons le Rebirth (en visio), Émilie revit deux épisodes de morts violentes. D’abord un accident de voiture : « J’ai senti l’impact de la voiture contre quelque chose droit devant, et cela a écrasé mon corps ; j’ai mal aux côtes », partage-t-elle aussitôt. Juste après, émerge le souvenir d’une mort par étranglement : « J’avais ses mains autour de mon cou et je n’arrivais plus à respirer ».

Vécu en tant qu’âme

Lors de la 8ème séance, nous avons décidé de faire à nouveau un Rebirth sur le thème de la séparation. Émilie raconte :

« J’ai revécu la séparation d’avec ma flamme jumelle. J’ai revécu la scission de l’âme. J’ai senti qu’une partie de moi se dissociait et disparaissait violemment. Je touchais la cloison de l’œuf cosmique pour la casser et retrouver l’autre partie de moi-même, mais je restais prisonnière, esseulée, amputée. Cela était si intense que j’ai retrouvé ma peur primaire de mourir. »

Dans tous les cas, le phénomène énergétique qui se traduit par cette émergence de contenus au niveau conscient est en lui-même un mécanisme de libération et de guérison.


* Lire à ce sujet l’article Revivre sa naissance.

Crédit photo : Unsplash