Etiquette

gestion des émotions

Récit

Après un suicide : pacifier la relation pour faire son deuil – 2/3

Comment trouver l’apaisement après le suicide d’un proche ? Voici le récit de l’expérience thérapeutique d’Emma dont le frère a mis fin à ses jours. 

La technique de pacification utilisée* l’a libérée du poids émotionnel qu’elle portait en elle et qui bloquait son processus de deuil.

Dès la première séance, lorsqu’Emma avait évoqué le suicide de son frère, elle avait eu les larmes aux yeux. Il était évident que ce sujet était chargé émotionnellement bien que ce soit une vieille histoire. En effet, Max avait mis fin à ses jours 17 ans plus tôt.

Une technique peu conventionnelle 

Après quelques séances consacrées à des problématiques plus urgentes, nous en venons à aborder ce deuil non fini. 

Je propose à Emma un exercice (peu conventionnel !) que j’utilise fréquemment avec de très bons résultats lorsqu’il s’agit de pacifier une relation avec un proche défunt. Cet exercice provient de la technique dénommée “pacification transgénérationnelle”.

Emma est partante ! Dans la première phase de l’exercice, elle s’adresse à Max comme s’il était présent en face d’elle. 

Je m’attendais à ce qu’elle exprime à nouveau le regret abordé lors de la première séance, à savoir le regret de ne pas lui avoir rendu visite et dit au revoir avant qu’il ne mette fin à ses jours.

Et ce n’est pas du tout ce qui se passe !

Emma formule ses reproches

Ce sont des reproches teintés de colère qui arrivent sur le devant de la scène. Emma reproche à son frère de ne pas lui avoir dit au revoir, de lui avoir caché son état dépressif, de lui avoir menti en démentant un projet de suicide. Elle égrène une longue liste de reproches concernant les erreurs qu’il a commises durant sa vie, comme de conduire sans permis ou d’inciter son fils à boire. 

Ce qui reste incompréhensible pour Emma, c’est le gâchis : “je suis sûre que tu avais toutes les cartes en main. Ce n’est pas le chemin que tu as choisi.”

Il explique son geste

Dans la deuxième phase de l’exercice, Emma prend la place de Max qui répond. Il avoue à quel point sa vie était insupportable : “cela ne pouvait plus continuer comme ça”. Il évoque une recherche désespérée d’amour : “je cherchais dans toutes les femmes quelqu’un qui m’aimerait inconditionnellement”. Et il reconnaît ses erreurs : “je n’ai pas toujours fait les bons choix”. Pour ce qui est des au revoir, il explique : “j’ai dit au revoir à maman, c’est tout ce que je pouvais faire”.

Puis, vient un moment encore plus émouvant : Emma et Max se disent tour à tour qu’ils s’aiment.

L’acceptation du suicide

Après l’exercice, lors du débrief, Emma est visiblement secouée d’avoir clairement ressenti la souffrance de son frère. Elle raconte : “c’était raide ; lorsque j’étais Max, je sentais que je ne vais pas y arriver”. 

En fin de compte, elle se sent soulagée d’avoir osé exprimer ses reproches. Elle arrive à une vision plus claire et une certaine acceptation du geste de son frère : “il se voyait victime, il pensait qu’il était mal aimé. Ce n’est pas vrai, il y avait plein de gens à l’enterrement. Il voyait la coupe à moitié vide ; c’est dommage. Mais c’est son libre arbitre, c’est le chemin qu’il a choisi”.

L’apaisement 

A la séance suivante, elle raconte que le lendemain de la séance de pacification, elle “était en apesanteur” (sic)… Et après une expression complémentaire de reproches, elle a trouvé l’apaisement.


Naturellement ce récit est publié avec l’accord de la personne concernée. Les prénoms sont fictifs pour préserver la confidentialité.


* Pour aller plus loin, vous pouvez lire  : 

Thérapie

Faciliter le deuil en faisant la paix avec le défunt – 1/3

Un de vos proches est décédé. Votre processus de deuil est bloqué car des nuages planent encore sur votre relation avec lui / elle, malgré son départ. 

Pour dissiper ces nuages et ainsi vous apaiser, une pacification est nécessaire. Et… c’est possible !

Nos relations avec nos proches ne baignent pas toujours dans l’harmonie… Quand ceux-ci sont vivants, nous pouvons espérer aplanir ces difficultés relationnelles. Mais que peut-on faire lorsqu’ils ne sont plus de ce monde ?  

Quand un proche décède, le deuil n’est pas synonyme d’oubli. De même que les bons souvenirs restent dans notre mémoire, les griefs aussi demeurent. 

Reproches et regrets…

Nous ruminons les reproches que nous aimerions adresser à ce défunt ; ces pensées négatives ‘stagnent’ en nous, et en quelque sorte ‘fermentent’ (pardonnez l’expression !). 

Il en est de même des regrets et des remords que nous nourrissons. Par exemple, lorsque nous regrettons notre absence auprès du défunt lors de sa fin de vie.

Sous le poids des séquelles 

Les reproches, comme les regrets, créent une ambiance pesante à l’intérieur de nous. 

A défaut de prendre cette problématique à bras le corps, ce poids ne va pas s’évanouir par enchantement. Bien au contraire, nous allons “traîner des casseroles” pendant des années. Et le processus de deuil ne peut pas suivre son cours naturel.

Première approche : la lettre au défunt 

On recommande souvent la rédaction d’une lettre adressée au proche décédé (puis brûlée). Elle permet de ‘dire’ tout ce qui a besoin d’être formulé, et elle apporte ainsi un certain soulagement. 

Pour autant, elle peut ne pas être suffisante pour parvenir à une pacification complète et au pardon.

Une technique efficace pour pacifier la relation avec un défunt

Pour ma part, je propose une technique dénommée la pacification transgénérationnelle.

Elle est en général utilisée pour pacifier les lignées de nos ancêtres (parents, grands-parents, et au-delà). Ancêtres vivants ou décédés. Elle a donc une ambition plus vaste. 

Mais elle peut aussi être utilisée en se focalisant sur une relation spécifique.

Un processus centré sur la parole 

Dans un premier temps, vous exprimez tout ce que vous avez sur le cœur en vous adressant à la personne disparue comme si elle était présente en face de vous. La formulation à voix haute renforce la dimension énergétique de l’expression (par rapport à la rédaction d’une lettre) ; donc elle est plus puissante.

Puis vous prenez la place du défunt qui, par votre bouche, répond. Il aborde les différents points que vous avez évoqués précédemment, et d’autres sujets éventuellement.

Une pacification en trois phases 

Première phase : à travers les explications données par le défunt, cet exercice vous permet de comprendre pourquoi il a pris les décisions ou a adopté le comportement que vous lui reprochez.

Ainsi, vous réalisez par exemple qu’il a simplement agi conformément à l’éducation qu’il a reçu, ou qu’il était ignorant des conséquences de ses décisions ou actes, ou qu’il n’avait pas les ressources intérieures pour faire autrement…

Cette première phase apporte, en elle-même, un apaisement.

Les motivations du défunt étant clarifiées, vous réalisez qu’il n’avait aucunement l’intention de vous nuire (c’est le cas le plus courant).

2. Ensuite, cet exercice permet au défunt d’exprimer des regrets. Il peut alors s’excuser et vous demander pardon.

3. Cet exercice offre enfin l’opportunité au défunt d’exprimer son amour pour vous et il est fréquent qu’il se dise fier de la personne que vous êtes.

Ce processus est à la fois puissant et extrêmement libérateur. 

Les nuages qui planaient au-dessus de votre relation se sont dissipés. Le processus naturel de deuil peut se poursuivre.


* Conseil de prudence : je vous recommande vivement de ne pas entreprendre un tel processus sans être accompagné.e par une personne soutenante et compétente à vos côtés, car cet exercice secoue fort sur le plan émotionnel… Vous risquez aussi d’être désarçonné.e par des informations inattendues qui pourraient émerger.


Pour en savoir plus, lisez :

Conseils pratiques

Stress (1/3) : 6 solutions d’urgence pour le gérer

Je vous propose ici un traitement express pour faire face en douceur à une montée de stress. Avant d’aller plus loin dans deux autres articles*.

Vous allez prendre la parole devant un amphithéâtre de 5000 personnes ?! Ou le stress monte simplement en prévision d’un rendez-vous avec votre boss ? Que faire ? (A part sauter dans le premier avion pour Hawaï…)

Le traitement d’urgence que je propose ici va s’appuyer surtout sur votre corps. Mais ce qui est important, même capital, c’est l’attitude intérieure que vous avez à l’égard du stress.

1. Adoptez la bonne attitude

L’attitude appropriée consiste à accepter les sensations physiques du stress.

Comme ces sensations sont désagréables, notre réflexe naturel est de lutter contre elles, de chercher à s’en débarrasser, comme de tout ce qui nous dérange. Et bien c’est exactement le contraire qu’il faut faire !

Pas de refus, pas de combat. On ne cherche pas à faire disparaître les symptômes, à « vaincre » le stress. 

Car se battre ne fait que renforcer ce contre quoi on se bat. 

Vous accueillez donc ce qui se passe : « ah, OK, je suis stressé.e ! » En restant neutre.

Et plutôt que de vouloir que le stress disparaisse vite fait bien fait, vous prenez votre temps. Ou plus exactement vous faites comme si vous aviez tout le temps du monde. Ne rajoutez pas le stress de l’impatience !

2. Observez

Personne n’aime ressentir les symptômes du stress : une forte pression sur la poitrine, avec la respiration rapide qui devient superficielle, et le coeur qui bat la chamade. Parfois les mains tremblantes, les jambes flageolantes, la transpiration… 

Et pourtant, une fois que vous avez adopté cette bonne attitude d’acceptation, l’étape suivante consiste à observer de près ces sensations… ! Les observer de près, et en détail. 

En laissant faire, en étant curieux de ce qui va bien pouvoir se passer. Parce que le simple fait d’observer – sans rien faire de particulier – va induire une transformation. C’est magique !

3. Expirez

Pendant ce temps, essayez de prendre le contrôle de votre respiration : l’objectif est de ralentir le rythme respiratoire, de respirer aussi tranquillement que possible. 

Mettez l’accent sur les expirations et essayez de les prolonger. Toujours en douceur. Ne forcez rien. 

C’est scientifiquement prouvé : des expirations plus longues que les inspirations activent le système nerveux parasympathique qui induit l’apaisement et la détente.

Des trucs faciles qui marchent
  • 4. Vous pouvez aussi secouer votre corps.
  • 5. Et vous passer un peu d’eau sur les mains, les avant-bras, le visage.
  • Toujours en expirant fort. Comme si vous soupiriez. Comme si vous évacuiez votre stress par l’expiration. 
6. Pensez à autre chose

Vous pouvez aussi vous efforcer de penser à quelque chose de réjouissant, quelque chose qui vous procure de la joie, du bonheur.

Car lorsque votre mental est ainsi focalisé sur autre chose, il n’y a plus de place pour les pensées anxiogènes ! Ainsi vous cessez d’alimenter le stress. 

Sourire pour faire un pas en direction du mieux-être. C’est radical…


* Pour en savoir plus : nous verrons comment traiter les causes du stress afin d’éviter les “récidives” dans les deux articles suivants de cette série (à lire de préférence dans cet ordre) : 

« Stress (2/3) : neutraliser les pensées déclencheuses »

« Stress (3/3) : déraciner les causes profondes »

Crédit photo : Jenny Sherman sur Unsplash

Couple

10 conseils pour en finir avec les disputes

Votre couple s’effiloche au fil des disputes ? Rétablir l’harmonie n’est pas un rêve utopique. Voici la marche à suivre sous la forme de 10 conseils.

Dans un précédent article intitulé « La cause cachée des disputes », nous expliquons le mécanisme qui déclenche un conflit. Il peut être utile d’en prendre connaissance pour bien comprendre les conseils qui suivent.

Stratégie n°1 : Anticipez

Conseil 1 : Repérez ce qui déclenche en vous une réaction forte et désagréable à l’égard de votre compagnon•e (vous trouverez des exemples en fin d’article)(1). Ainsi vous pouvez identifier les « situations à risque ».

Conseil 2 : Évitez de vous retrouver dans de telles situations à risque (c’est évident, je sais, mais qui y pense ?!). Prenez toutes les mesures possibles en ce sens. Soyez créatif•ve ! Associez votre conjoint•e à ces ‘mesures de prévention’ en lui expliquant ce qui se jouerait pour vous si une telle situation se produisait. Il devient alors un•e allié•e.

Conseil 3 : Si, toutefois, les conditions déclenchantes surviennent, soyez particulièrement en alerte !

Conseil 4 : Repérez rapidement – si possible en temps réel – quand votre blessure(2) s’active, c’est-à-dire quand apparaît une émotion douloureuse (de colère, tristesse, honte ou peur). (La pratique de la méditation facilite cette étape car elle développe la vigilance, la capacité d’observation, de présence à soi.)

Engagez-vous immédiatement dans les étapes suivantes.

Stratégie n°2 : Agissez en temps réel pour éviter la dispute

Conseil 5 : Quand votre blessure s’active, n’accusez pas l’autre, prenez la responsabilité de votre état intérieur, abstenez-vous – autant que possible ! – de laisser s’exprimer vos émotions à l’égard de votre compagnon•e.

(Précision : vous ne bloquez pas les émotions elles-mêmes, mais seulement leur expression extérieure. Dans le point 7, vous allez voir que les émotions sont les bienvenues.)

Conseil 6 : Si nécessaire, changez de pièce ou allez faire un tour pendant la durée du processus d’auto-accompagnement (point 7). Et ceci, après avoir expliqué à votre compagnon•e que vous avez besoin d’un peu de temps pour faire face à une réaction émotionnelle(3).

Conseil 7 : Procédez à un auto-accompagnement.

L’objectif de cette étape est que la vague réactionnelle se dissipe aussi vite qu’elle a émergé, sans laisser de trace.

Adoptez une posture intérieure accueillante et bienveillante à l’égard de la part de vous blessée qui réagit. L’attitude juste est de respecter cette manifestation normale de la vie, en prenant autant de recul que possible.

1er aspect : Laissez la vague émotionnelle vous traverser (c’est simplement un épisode énergétique), en vous aidant de la respiration si nécessaire (respiration lente et profonde ; en cas de colère pratiquez de fortes EXpirations).

Vous trouverez tout le savoir-faire pour gérer une vague émotionnelle dans l’article « Angoisse : comment retrouver (vite !) le bien-être » – la marche à suivre est la même quel que soit le type d’émotion.

2ème aspect : Ne croyez pas l’histoire qui se raconte dans votre tête, c’est-à-dire les commentaires, les interprétations au sujet de ce qui vient de se passer. N’alimentez pas ce train de pensées.

La lecture de l’article « N’en faites pas une histoire personnelle » va vous aider à maîtriser ce stade.

Lâchez le bavardage mental douloureux, tout simplement en portant votre attention sur autre chose (par exemple vous pouvez compter vos respirations).

3ème aspect : Voyez votre réaction comme un mécanisme égotique automatique facultatif. Si possible lâchez l’identification à toute cette histoire et l’identification à l’égo qui croit cette histoire (perspective non duelle).

Vous pouvez lire à ce propos l’article « Nos problèmes sont facultatifs ».

Ressource disponible éventuellement : si cette étape 7 vous semble un peu difficile à maîtriser, vous pouvez en faire l’apprentissage en séances de sorte qu’ensuite vous pourrez réaliser seul•e ce processus, autant de fois que nécessaire.

L’un de mes objectifs en tant que thérapeute(4) est justement de transmettre ce savoir-faire aussi largement que possible pour que la paix s’installe à l’intérieur de chacun et dans les relations.

Conseil 8 : Partagez votre vécu avec votre compagnon•e (au moment opportun !). Cela approfondira le lien entre vous.

Stratégie n°3 : Supprimez les causes des disputes à l’intérieur de vous

Conseil 9 : Investiguez des situations récentes de difficulté relationnelle pour identifier vos croyances négatives(4), et votre blessure maîtresse(2).

Conseil 10 : Idéalement, dissolvez vos croyances et guérissez votre blessure. Lorsque ce travail est accompli, il n’y a plus de réactivité dans ces mêmes situations. Donc pas de dispute !

Ces étapes 9 et 10 correspondent à un travail plus en profondeur pour lesquelles vous pourriez ressentir le besoin d’être accompagné•e. Quelques séances souvent suffisent pour fortement réduire la réactivité.

Besoin d’éclaircissements sur ces 10 conseils ? Vous pouvez m’adresser vos questions ici. Je vous répondrai avec plaisir.


(1) Exemples de situations qui déclenchent votre réaction : vous vous énervez…

  • quand il/elle vous fait un reproche (ou plus exactement : quand vous avez l’impression qu’il/elle vous fait un reproche) ;
  • quand il/elle est en retard sans prévenir ;
  • quand il/elle continue à regarder son téléphone alors que vous lui parlez ;
  • quand il/elle ne fait pas ce que vous lui avez demandé ; etc.

(2) Blessures maîtresse : l’humiliation, l’abandon, l’impuissance, la trahison, le rejet, l’insécurité, l’injustice.

(3) Ainsi vous prenez soin de l’autre en évitant qu’il se sente abandonné, rejeté, incompris ou autre, autrement dit qu’il souffre de votre réaction.

(4) Plus d’informations sur mon accompagnement thérapeutique ici

(5) Exemples de croyances négatives : je ne mérite pas d’être aimé, je suis nul, je ne peux faire confiance à personne, je dois être parfait, je ne vais pas m’en sortir, je suis seul…


Crédit photo : Priscilla Du Preez on Unsplash

Savoir-faire

Angoisse : comment s’en libérer (vite !)

Quand une angoisse s’empare de nous, que faire ? Comment réagir de manière appropriée afin qu’une sensation de confort revienne rapidement ?

Je vous présente ici une méthode simple et très efficace que j’utilise couramment en séance. Un savoir-faire qui est à la portée de tous.

La méthode que j’expose ici ne va pas vous permettre de vous libérer des causes de l’angoisse, mais il s’agit plutôt d’un savoir-faire qui vise à ‘gérer’ l’angoisse.

Avec un double objectif :

  • qu’elle devienne supportable,
  • et qu’elle se dissipe peu à peu, afin que s’installe à nouveau une atmosphère intérieure confortable.

L’angoisse se manifeste dans le corps à travers des sensations spécifiques, une modification de la respiration, et une ‘atmosphère physique’ oppressante. L’approche proposée repose sur deux piliers :

  • l’observation du corps,
  • tout en maintenant une attitude juste.

Explications.

Observer, observer et…observer !

Quand l’angoisse se manifeste, on observe les sensations (par exemple un point douloureux dans le cœur, une pression au niveau de la gorge, une impression d’écrasement, etc.). Il s’agit de regarder simplement la ou les sensations en restant complètement neutre. Il est plus facile de réaliser cette observation les yeux fermés. Pendant toute la durée de cet exercice, on va observer et ne rien faire de plus !

Toute l’attention est portée sur les détails de cet événement intérieur. Par exemple, s’il y a une boule au niveau du cœur, on observe finement comment elle se présente :

  • où se trouve-t-elle ?
  • quelle est sa forme ?
  • quelle est sa taille ?
  • quel est son aspect extérieur (couleur, texture) ?
  • comment est-elle à l’intérieur (vide/pleine, densité) ?
  • etc.
Neutralité et acceptation

On s’abstient de commenter en se disant par exemple « je n’aime pas, c’est désagréable », et à fortiori de dramatiser. On reste neutre : « Voici ce qui se passe maintenant, et c’est tout. »

Pendant toute la durée de cet exercice, il importe de conserver une attitude juste, à savoir une posture intérieure de neutralité et d’acceptation : « c’est ce qui est là maintenant et c’est OK comme ça. »

On regarde ce qui se présente dans notre corps en laissant de côté toute envie que cela soit différent et toute intention que ‘cela change’. Donc on ne s’engage pas dans une posture active qui chercherait un certain résultat ; on ne fait rien !

Rien, à part observer !

Une transformation spontanée

On se concentre sur l’observation, et la magie opère sous nos yeux (fermés !). Rien n’est figé, c’est le principe même de la vie ; on assiste donc à une transformation progressive des sensations. Par exemple elles se déplacent, deviennent plus diffuses, se dissolvent, ou se transforment en des sensations différentes ailleurs dans le corps. En fait tout est possible…

C’est la combinaison d’une observation attentive avec une attitude juste qui va faciliter ce processus de transformation.

Ni vouloir, ni refuser

Il faut donc éviter plusieurs attitudes inappropriées qui pourraient freiner cette transformation. On a parfois tendance à vouloir que ‘ça lâche’ et il y a une contraction* intérieure pour atteindre cet objectif.

C’est plutôt l’inverse que l’on vise, à savoir la détente et l’acceptation de ce qui est là en cet instant, sans attente. Mieux vaut se dire que la situation va évoluer à son propre rythme et en attendant, on prend les choses comme elles sont.

Il se peut aussi qu’une autre attitude émerge : on refuse, on s’oppose à telle sensation (par exemple car on la juge désagréable). Cette résistance à ce qui est là maintenant se traduit aussi par une contraction*, alors qu’on cherche à l’inverse à ce que l’énergie circule librement.

Si vous souffrez d’angoisse, je vous invite à essayer cet exercice. Quelques minutes peuvent suffire, mais parfois il faut pratiquer pendant 20 minutes ou plus pour retrouver son calme. Vos feedbacks sont les bienvenus. Vos questions aussi ; vous pouvez les poster ici.

A noter : ce savoir-faire peut être appliqué de manière identique face à n’importe quel état intérieur inconfortable (colère, tristesse…)


* La contraction dont nous parlons ici est un phénomène subtil et pas forcément perceptible.

Crédit photo : Photo by Aaron Burden on Unsplash

Copyright : Anne Lautier

Relations

Vaccinés – non-vaccinés : cohabiter en paix

Pas facile aujourd’hui d’avoir une discussion paisible entre vaccinés et non-vaccinés. Comment éviter les disputes au sujet de la vaccination et autres mesures sanitaires ?

En cette période de crise sanitaire, les familles ou groupes d’amis où se côtoient personnes vaccinées et non vaccinées ont un défi spécifique à relever : celui de cohabiter… paisiblement !

Pourquoi le sujet de la vaccination déclenche-t-il autant de disputes entre personnes qui a priori s’entendent plutôt bien en temps normal ? Est-il possible de préserver l’harmonie ?

Avoir raison

Regardons ce qui se passe au moment de la discussion.

Nous nous sommes faits une opinion bien étayée sur la question de la vaccination par exemple. Lorsque nous engageons la discussion avec une personne qui a un avis opposé, nous pensons bien sûr que nous avons raison et que l’autre a tort.

Penser avoir raison est un mécanisme automatique de l’égo. Cette posture est forcément là à partir du moment où le mental gouverne. L’étape suivante étant : ‘je vais te prouver que j’ai raison et que tu as tord’.

Toutefois, c’est un automatisme que l’on peut tempérer en écoutant son cœur. Car le cœur induit le respect de l’autre, l’amour de l’autre (quelles que soient ses opinions), la tolérance, l’empathie, l’acception… Et surtout l’envie d’harmonie.

Un sujet explosif

Un désaccord sur une question bégnine – comme « va-t-il pleuvoir aujourd’hui ? » – ne va pas dégénérer en dispute (en général !). Par contre, le sujet de la vaccination est explosif. Pourquoi est-il si difficile d’en discuter paisiblement ?

Ce sont les émotions sous-jacentes qui électrisent le débat. Et surtout la peur : la peur d’être malade, de mourir, ou la peur qu’un proche qu’on aime tombe malade, la peur de difficultés financières, etc.

Sentiment d’insécurité, d’impuissance, d’injustice…

Outre la peur, ce sujet de la vaccination déclenche souvent de la colère. Ces réactions émotionnelles sont propres à chacun. Car la manière dont nous réagissons est dictée par notre structure psychologique (évidemment !), donc par nos points sensibles.

C’est pour cela que certaines personnes s’insurgent actuellement contre la perte de liberté alors que d’autres ne sont pas dérangées par cela. Tandis que chez d’autres, la frustration et la colère vont être alimentées plutôt par le sentiment d’impuissance face aux décisions des autres qui impactent leur vie. Ou par le sentiment d’être victime d’une injustice. Etc.

Comme dans n’importe quelle situation de vie, on perçoit et interprète ce qui se passe autour de soi à travers les lunettes de nos blessures intérieures et on projette sur le monde extérieur cette perception.

Prendre soin de la partie blessée en nous

Ce sujet de la vaccination a le don ‘d’appuyer fort là où ça fait mal’ !

Donc de susciter des réactions fortes qui sont une tentative inconsciente de protéger, au fond de nous, la partie de nous blessée*.

Dès lors qu’on repère ce mécanisme à l’œuvre à l’intérieur de soi, on peut prendre soin de cette partie blessée et ainsi désamorcer la réaction émotionnelle. A l’extérieur, la situation est ce qu’elle est – un virus qui circule, des campagnes de vaccination, un passe sanitaire, etc. -, mais à l’intérieur l’ambiance est pacifiée. Et nos relations aux autres aussi.

Peut-être êtes-vous en train de vous demander : « Prendre soin de la partie blessée, ok, comment fait-on ?».

Des mesures concrètes

Prenons un exemple très courant aujourd’hui. Si on identifie que la blessure activée correspond à un manque de sécurité, on va poser des actes concrets pour se rassurer, pour créer une atmosphère intérieure de sécurité.

Cela peut passer par un dialogue intérieur (l’adulte rassurant son enfant intérieur) – si on est familier avec cette pratique.

Et – cela va vous sembler évident – il est important de prendre aussi des mesures concrètes qui vont rétablir un environnement personnel sécurisant. Comme de diminuer son exposition aux informations anxiogènes. Et peut-être est-il aussi nécessaire de changer certaines habitudes quant aux lieux que l’on fréquente, ou de prendre des dispositions pour prévenir d’éventuelles difficultés financières.**

Réorienter l’énergie

Pour illustrer le changement de perspective que je viens d’évoquer, voici l’exemple d’une personne que j’accompagne et qui n’a plus le droit d’exercer son activité libérale de soignante en raison des mesures anti-covid. Pleine de colère tous ces derniers mois, elle s’est abondamment disputée avec son entourage. A la fin d’une séance récente, elle a conclu par ces mots :

« Il est temps que j’arrête de perdre mon énergie à lutter et que je pense à moi, que j’utilise cette énergie pour rebondir [en l’occurrence, envisager une reconversion] ».

Choisir un sujet plus léger !

Dès lors que nous avons désamorcé ainsi nos peurs et colères en prenant soin de nous, nous pouvons discuter du sujet de la vaccination en restant serein. Faire la paix à l’intérieur pour engendrer la paix à l’extérieur.

Cependant, en fin de compte, ne vaut-il pas mieux orienter la conversation vers un sujet moins sensible et… plus joyeux ! 


* Par exemple la part qui ne se sent pas en sécurité, qui se méfie de tout et de tout le monde, la part qui souffre du manque de liberté, etc.

** Même démarche si la difficulté ressentie concerne la restriction des libertés. Par exemple, on peut se focaliser sur les domaines de liberté existants, en profiter davantage et s’en réjouir (substituer la gratitude à la colère).

Autre article complémentaire lire également sur ce thème : Renoncer à avoir raison

Crédit photo : Stephan Eickschen on Unsplash

Relations

N’en faites pas une affaire personnelle

Éviter les conflits est possible. A travers un exemple vécu, sont expliquées ici les étapes à suivre. C’est tout simple et en même temps révolutionnaire !

Partons d’un épisode de vie évoqué en séance*. Cécile n’en peut plus… Pour la nième fois, son employée ne tient pas compte des instructions qu’elle lui a données. C’est à sa guise que Mathilde positionne la nouvelle collection de vêtements dans le magasin. En colère, Cécile lui lance : « si vous n’aimez pas la façon dont je dirige la boutique, vous pouvez prendre la porte », et une dispute s’ensuit. Ce scénario se répète depuis des années.

J’aimerais aborder ici cet épisode sous deux perspectives complémentaires. La première vous est sans doute déjà familière. Mais prenons un instant pour la revisiter.

Pour un fait, beaucoup d’interprétations possibles

Pourquoi cette situation met-elle Cécile hors d’elle ? Car elle a l’impression que Mathilde ne la respecte pas.

Cette perception n’est qu’une interprétation des actes de Mathilde. S’il y avait à sa place une autre patronne,

  • elle verrait là peut-être une remise en question de ses compétences : « Mathilde pense qu’elle sait mieux que moi. Pour qui se prend-elle ? ».
  • Ou bien elle comprendrait la situation comme une prise de pouvoir par Mathilde : « Ah, elle veut décider à ma place, et peut-être même prendre ma place. »
  • Ou encore, elle prendrait Mathilde pour une imbécile qui « n’est même pas capable de suivre des instructions simples ».

Au-delà des faits purs et durs, à savoir que Mathilde ne met pas les vêtements aux emplacements indiqués, s’ajoute toute une couche d’interprétation qui dépend de la personne confrontée à ces faits.

S’en tenir aux faits, ne pas interpréter

Ce sont nos croyances – reflets de nos blessures – qui agissent comme un prisme déformant et génèrent nos interprétations. Autrement dit, nos interprétations nous parlent de nous-mêmes, pas de l’autre. Elles sont comme un voile sur la réalité. Un voile qui entretient le mal-être psychique.

Il importe donc de distinguer la réalité (les faits), de ce qui relève de l’interprétation. On peut alors voir nos interprétations comme des interprétations, c’est-à-dire comme des pensées qui n’ont comme seul intérêt… que de nous faire souffrir !!**

L’autre ne choisit pas son comportement

Il y a une seconde perspective qu’il est fructueux de prendre en compte. C’est que l’autre est lui aussi piégé dans un engrenage ‘croyance – pensées – émotions – actions’ ! Les mécanismes égotiques sont universellement partagés !***

Lorsque Mathilde adopte un comportement qui contrarie Cécile, ce sont ses propres conditionnements psychologiques qui sont à l’œuvre :

  • Il se peut qu’elle ne supporte qu’on lui donne des ordres et se rebelle contre toute forme d’autorité.
  • Autre possibilité : elle se dit peut-être qu’elle sait mieux que les autres comment agencer la boutique.
  • Ou bien elle mène sa tâche en laissant libre cours à l’inspiration du moment, tout en considérant les instructions comme secondaires. Etc., etc. !
Il ne s’agit pas d’une affaire personnelle

Cécile a en face d’elle une personne qui ne respecte pas les instructions. Ce ne sont pas ses instructions à elle que Mathilde ne respecte pas, mais les instructions en général. Il n’y a rien de personnel là-dedans.

On a tendance à tout ramener à soi, et à voir les comportements des autres comme quelque chose qui nous vise personnellement. Ce n’est pas le cas. Car ce qui est là en face de nous, c’est juste une personne en train d’agir – ou réagir – de manière automatique (et inconsciente) à une situation qu’elle interprète à travers le filtre de ses croyances. Nous jouons juste un rôle de catalyseur.

Juste un problème ‘technique’ à régler

En intégrant cette perspective, on aborde les situations relationnelles, notamment les désaccords, non pas sous un angle personnel / émotionnel, mais sur un plan – disons ­‘technique’ (ou parfois éthique).

Pour Cécile, une fois qu’elle supprime ainsi toute implication personnelle, la question qui se pose à elle est alors : « comment gérer une employée qui ne respecte pas les instructions qu’on lui donne ? » Il y a juste un problème ‘technique’ à traiter. Comme la sphère émotionnelle n’est pas engagée, Cécile dispose de toutes ses ressources intellectuelles et créatives pour trouver une solution.

C’est alors beaucoup plus simple et confortable…


* Adapté pour des raisons de confidentialité

** Bien sûr la thérapie aide à ce niveau-là en identifiant les interprétations, les croyances à l’œuvre et les blessures dont elles résultent, et en apportant une guérison. Cet aspect est développé dans d’autres articles.

** Vu sous une perspective non duelle, il y a un seul égo, un Ego Un, qui s’exprime dans ce qui apparaît comme des individus séparés.

Crédit photo : Photo by Sophie Turner on Unsplash

Thérapie

Témoignage : Libre de danser sa vie

Je suis heureuse de vous présenter le témoignage de Flaviana* que j’ai eu le bonheur d’accompagner dans son parcours thérapeutique sur 15 séances entre septembre 2016 et juin 2017. Confrontée au départ à une difficulté psychologique handicapante, Flaviana a acquis l’aptitude de traverser son existence sereinement. Danseuse et chorégraphe de 33 ans, elle dessine désormais les mouvements de sa vie en conscience…

 

« J’ai commencé le travail thérapeutique avec Anne après un moment de fortes anxiétés et paniques que j’avais vécues lors de mes vacances d’été. Il y avait beaucoup de peur et de conflit à l’intérieur de moi et je n’arrivais pas à trouver le calme, j’étais souvent énervée ou agitée ou triste.

Je cherchais quelqu’un qui pouvait m’aider avec des méthodes douces et surtout avec qui j’allais travailler pour rééquilibrer l’harmonie entre le corps, la conscience et la partie plus spirituelle de moi.

À chaque séance, après une discussion initiale, Anne m’invitait à aller plus en profondeur dans un des aspects qui me donnaient de la souffrance et on cherchait, ensemble, à résoudre certaines situations émotionnelles qui étaient restées souvent bloquées dans leur processus.

Avec Anne, son écoute, son ouverture et sa douceur, j’ai pu avec patience dépasser certains mécanismes d’oppression qui revenaient à chaque fois identiques à eux-mêmes, et desquels je n’arrivais pas à me libérer. J’ai appris à me connaitre plus en profondeur grâce au fait que j’ai commencé à m’observer.

La première leçon de ce parcours thérapeutique est de ressentir ce que se passe quand il y a une émotion et de l’accueillir sans jugement, puis d’essayer de voir d’où elle vient, mais sans vouloir l’analyser. C’est une compréhension « maternelle » et sans critique, sans rechercher à culpabiliser quelqu’un et surtout pas soi-même ! Cette approche m’a appris l’importance de prendre soin de soi et cela m’a rendue beaucoup plus consciente et attentive, et m’a aidée à débloquer et dissoudre certains traumatismes avec beaucoup de douceur.

Après un an de séances assidues je me sens plus forte, confiante et rassurée qu’il y a toujours beaucoup de solutions à tout ce qu’on appelle « problèmes », mais qui ne sont que des étapes de notre évolution, et qu’il faut juste savoir se connaitre pour les dépasser et pour trouver le bonheur et la joie. Ces sont nos peurs, nos résistances et nos limites qui ne nous permettent pas d’avancer et de vivre la vie de façon plus fluide.

Je ne cache pas que c’est un parcours qui peut être parfois difficile, ou douloureux, mais qui m’a permise de vraiment reprendre ma vie en main et de ne plus me sentir victime des situations, ou des autres. Et surtout de devenir autonome et thérapeute de moi-même ! »

* prénom fictif

Rebirth

Le souffle qui libère

Comment est-il possible de se sentir mieux simplement en respirant ? Pourquoi les séances de Rebirth (respiration en conscience) apportent-elles un mieux-être psychologique évident ? Voici quelques explications pour comprendre le mécanisme de la transformation suscitée par le Rebirth.

En complément des articles La puissance du Rebirth et Trois questions sur le Rebirth publiés sur ce blog et que je vous conseille de lire auparavant, je vous propose ici d’aller plus loin dans la découverte de la respiration en conscience et de son « fonctionnement ».

Nous allons donner la parole aux fondateurs des deux principales techniques thérapeutiques (occidentales) basées sur la respiration en conscience : à savoir Léonard Orr pour le Rebirth, et Stanislav Grof pour la Respiration holotropique (qu’il définit lui-même une « combinaison de respiration consciente, de musiques évocatrices et de travail corporel focalisé »).

Etat de conscience différent

Le terme « holotropique » qui signifie littéralement « orienté vers la totalité » mérite qu’on s’y arrête un instant car il est très significatif de ce qu’apporte le travail thérapeutique avec la respiration : « Le mot lui-même suggère que dans notre état de conscience quotidien, nous nous identifions seulement à une petite fraction de ce que nous sommes en réalité. Dans les états holotropiques, nous pouvons transcender les limites étroites de notre corps-égo, et récupérer notre pleine identité », explique Stanislav Grof.

La respiration, en fait, est utilisée depuis des temps immémoriaux dans de nombreuses traditions, à des fins spirituelles et thérapeutiques. Aujourd’hui en Occident, certaines de ces pratiques nous sont accessibles, comme les exercices respiratoires du yoga, appelé pranayama, qui induisent – vous en avez peut-être fait l’expérience, un état de conscience non ordinaire où règne une paix profonde, une sensation d’espace et de légèreté…

Dissoudre les blocages psycho-énergétiques

Dans le domaine de la thérapie, la respiration est un allié puissant pour dissoudre les causes de notre mal-être. Mais comment cela fonctionne-t-il ? Quel rapport peut-il bien y avoir entre la respiration et la disparition d’un inconfort psychologique ?!

Tout se passe au niveau énergétique. Notre vécu est mémorisé dans nos corps énergétiques sous forme de blocages psycho-énergétiques qui empêchent une circulation fluide de l’énergie. Ce sont ces blocages qui causent notre mal-être. Or la respiration en conscience dissout ces blocages.

Excellente méthode anti-stress

Tout mon travail d’accompagnement vise précisément à restaurer cette fluidité de la circulation énergétique. Lorsque l’énergie circule librement, le bien-être est immédiat : nous ressentons alors une sensation de paix, sécurité, amour, joie…

Nous ressentons aussi une profonde détente. Le stress s’est envolé comme par enchantement ! Les personnes que j’accompagne me disent souvent à l’issue d’un Rebirth qu’elles ont l’impression d’avoir laissé sur le matelas leurs tensions et le fardeau qu’elle portait en débutant la séance.

« Le résultat habituel d’une séance de respiration holotropique consiste en une libération émotionnelle et une relaxation physique profonde.

« Après une séance réussie et bien intégrée, de nombreuses personnes témoignent qu’elles se sentent plus détendues qu’elles ne l’ont jamais été au cours de leur existence. », note Stanislav Grof .

Excellente méthode anti stress !*

La guérison de l’inconscient

Comment cela se passe-t-il ?

Leonard Orr et Stanislav Grof soulignent que les blocages psychologiques vont de pair avec une respiration restreinte.

« Chaque expérience négative que nous vivons dans notre corps peut restreindre notre capacité respiratoire », explique Leonard Orr.

En amplifiant la respiration, on libère les blocages, comme l’a démontré Stanislav Grof : « Maintes fois, nous avons pu confirmer les observations de Wilhelm Reich, pour qui les résistances et les défenses psychologiques étaient associées à une restriction respiratoire. La respiration est une fonction autonome, mais elle peut aussi être influencée par la volonté. Une augmentation délibérée de la fréquence respiratoire conduit habituellement à un relâchement des défenses psychologiques, mène à la libération, et favorise l’émergence de matériaux inconscients (et supraconscients). »

Nous arrivons au point clé pour comprendre le mécanisme de la « guérison » psychologique. Comme nous l’avons vu plus haut, nos traumatismes (petits et grands !) sont mémorisés dans notre inconscient sous forme de blocages psycho-émotionnels. Ils se traduisent par des manifestations émotionnelles, des comportements automatiques, des croyances, etc. Sous l’effet de la respiration, l’énergie/conscience retenue dans ces blocages se manifeste sous diverses formes.

Stanislav Grof parle d’un « courant d’expériences ». Des épisodes de vie, parfois traumatiques, peuvent émerger, l’expérience vécue lors de la vie intra-utérine, de la naissance ou de la période post-natale peuvent faire surface, ou bien encore des expériences transpersonnelles c’est-à-dire qui dépasse la dimension personnelle (connexion avec le Tout, voyage cosmique, etc.).

Tous les aspects de la psyché sont concernés

De manière concise, Stanislav Grof explique : “L’objectif principal de la thérapie holotropique [Rebirth et Respiration Holotropique] est d’encourager l’activité de l’inconscient, (…) et apporter à la conscience les mémoires de traumatismes réprimés et oubliés. Dans ce processus, l’énergie concentrée en symptômes émotionnels et psychosomatiques est libérée, déchargée, et les symptômes se convertissent en un courant d’expériences. Le contenu de ces expériences peut provenir de n’importe quel niveau de la psyché – biographique, périnatal, ou transpersonnel. »

Ainsi advient une transformation psycho-énergétique profonde et libératrice…

 

Les citations figurant dans cet article sont extraites des livres suivants :

  • Leonard Orr et Konrad Halbig, Rebirth, l’art de la respiration consciente.
  • Stanislav Grof, Pour une psychologie du futur
  • Stanislav Grof, Les nouvelles dimensions de la conscience
  • Stanislav Grof, Quand l’impossible arrive

* Lire également à ce propos l’article A la source de la détente 

Honte

Oser tout dire pour dissiper la honte

Certains souvenirs honteux agissent comme des piqures d’abeille. Mais nous pouvons aisément nous libérer de cette douleur.

Nous avons tous vécu des moments dont le souvenir nous submerge de honte. La honte suscitée par le jugement d’une autre personne ou par notre propre critique intérieur, la honte de ce que nous avons fait ou… de ce que nous n’avons pas fait, la honte de ce que nous avons dit ou omis de dire, la honte de ce que nous avons vu et n’aurions pas dû voir, etc.

piqure dabeilleCes souvenirs sont la plupart du temps tout à fait anodins mais ils agissent comme des piqures d’abeille ; quand ils remontent à la surface de notre conscience, une douleur vive nous envahit et nous « neutralise » un instant, jusqu’à ce que ces images retournent dans les profondeurs.

 

Bien choisir notre confident

Le temps qui passe ne dissout pas ces souvenirs qui, au contraire, semblent gagner en intensité douloureuse… Pourtant le baume est à portée de main ! Il suffit d’en parler pour ressentir un soulagement immédiat. A condition d’aborder ce sujet délicat dans des circonstances appropriées bien sûr.

se taire - doigt sur boucheSi nous racontons un tel souvenir honteux à une personne étroite d’esprit, en posture de jugement, a fortiori malveillante, nous allons être victime d’un effet boumerang : à la douleur accrue de la honte, va sans doute s’ajouter la colère à l’égard de la personne qui a mal accueilli nos confidences. Il vaut mieux se taire alors !

En revanche, il en est tout autrement si nous racontons l’épisode douloureux à une personne bienveillante, qui accueille avec compréhension les événements que nous décrivons et ne nous juge pas. Compréhension et non-jugement sont, il est vrai, des qualités assez rares. D’où l’intérêt d’un thérapeute qui offre un espace où tout peut être dit et tout est accueilli avec bienveillance.

 

Le souvenir cesse de nous oppresser

L’expression a cela de magique qu’elle guérit.

Quand nous racontons ainsi un tel épisode douloureux, deux mécanismes se mettent en route. D’abord nous prenons du recul, l’événement perd de sa gravité, il cesse alors de nous oppresser. La dédramatisation est instantanée ! Car le secret n’est plus un secret. L’énergie figée par le non-dit se remet à circuler.

En parallèle, nous percevons l’événement et les circonstances qui l’ont accompagné avec plus de lucidité et une compréhension s’installe. Ainsi, non seulement cette histoire n’est pas si grave mais en outre, il devient assez logique que nous ayons (ou n’ayons pas) fait ou dit une telle chose.

Quel soulagement !

 

Un soulagement bien mérité

SpringreitenC’est ce formidable cadeau que s’offrent les personnes soutenues par un proche ou accompagnées par un thérapeute qui les écoute avec bienveillance et amour, et en l’absence totale de jugement. Un cadeau bien mérité car elles ont dû franchir un obstacle non négligeable… : les événements honteux ne sont-ils pas les derniers dont nous avons envie de parler ?!!!

 

Auteure : Anne Lautier

 

La photo d’ouverture représente une sculpture d’Adèle Vergé : http://www.sculpteuse.com