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Thérapie

Stress : déraciner les causes profondes

Pour en finir avec le stress, il faut dissoudre les racines d’où proviennent les pensées qui le déclenchent. Un chemin thérapeutique qui libère !

Dans l’article “Stress : neutraliser les pensées déclencheuses”, nous avons vu l’intérêt des affirmations positives pour désamorcer à chaud le stress. Mais elles ont leurs limites car elles sont plaquées sur des blessures psychiques plus profondes, non guéries, qui vont s’activer à la prochaine alerte.

Donc, si vous voulez éviter l’enclenchement du stress, il va vous falloir travailler plus en profondeur, c’est-à-dire contacter vos blessures. Comment faire ? 

Découvrez le besoin de l’enfant non satisfait 

La première étape consiste à partir des pensées déclencheuses (que j’appelle aussi “pensées assassines” !) et à rechercher leur cause sous-jacente. 

Vous vous interrogez : 

  • “Pourquoi ai-je besoin d’être parfait ? Qu’est-ce que je crains si je ne le suis pas ?”, 
  • “Pourquoi ai-je l’impression d’être nul ?”, 
  • “Pourquoi ai-je si peur du jugement des autres ?”…

Recherchez dans votre enfance, à quels épisodes, à quel vécu, cela vous renvoie. Cela va sans doute vous amener à revisiter des épisodes douloureux. Ces vécus ont gravé en vous des croyances erronées qui traduisent un besoin fondamental non satisfait.

Prenons quelques exemples pour clarifier cette démarche d’exploration.

Échec à l’école : un besoin insatiable de reconnaissance

Premier exemple : Quand il est face à une nouvelle tâche au travail, Kevin constate qu’il est stressé car il a l’impression qu’il ne va pas y arriver, qu’il n’est pas à la hauteur. Il identifie la croyance qu’il a adoptée : “je suis nul” (pensée déclenchante). En se replongeant dans ses souvenirs d’enfance, il peut trouver l’origine de cette croyance dans le sentiment d’échec qu’il a ressenti à l’école. 

Les adultes ont pointé ses déficiences au lieu de reconnaître, apprécier et cultiver ses talents. Kevin peut ainsi identifier le besoin psychique fondamental qui n’a pas été satisfait : le besoin d’être reconnu à sa juste valeur. Devenu adulte, il va rechercher avidement la reconnaissance. C’est la source de son stress.

Enfant négligée : la perfection comme “solution”

Autre exemple : Très stressée par son travail, Marie constate qu’elle met toujours la barre très haut, son travail doit être parfait. En explorant son enfance, elle découvre que ses parents la négligeaient et qu’elle espérait attirer leur attention en ayant des résultats brillants à l’école et en étant une petite fille modèle. 

Elle s’est construite avec la croyance : “je dois être parfaite pour être aimée”.

Devenir contrôlant pour trouver la sécurité

Dernier exemple : Carlos est aussi stressé dans son job : il se sent obligé de systématiquement vérifier son travail à plusieurs reprises. Enfant, il a grandi dans une famille chaotique et a intégré que pour se sentir en sécurité, il doit tout contrôler. 

Devenu adulte, il s’efforce encore de combler ce manque de sécurité par l’hyper contrôle.

Six besoins fondamentaux

Cette exploration conduit ainsi à identifier le besoin fondamental qui n’a pas été nourri : 

  • le besoin de se sentir en sécurité, 
  • le besoin d’être reconnu (dans sa valeur), 
  • le besoin d’être aimé, d’être en lien, d’appartenir, 
  • le besoin d’être vu, écouté, reconnu dans son identité spécifique,
  • le besoin de s’affirmer, de prendre sa place, d’exister, de faire ses choix librement,
  • le besoin de s’épanouir, de se réaliser.
Prendre soin de son enfant intérieur 

L’étape suivante consiste à traiter ses blessures. A ce stade, le recours à un thérapeute pourra être aidant. 

Une de mes approches (le Voice Dialogue) permet de prendre soin de l’enfant intérieur blessé, qui a manqué d’amour, de reconnaissance, de sécurité… 

Ce travail avec les subpersonnalités va faire grandir des parts (adultes) qui rassurent l’enfant intérieur et qui prennent en charge la situation de manière professionnelle et non émotionnelle. 

L’approche énergétique : effacer les marques du passé

Une autre approche complémentaire (purement énergétique) consiste à libérer la charge émotionnelle qui s’est “cristallisée” sur ces blessures au niveau énergétique. Puis les traces plus profondes (inconscientes) de ces blessures sont aussi dissoutes afin de restaurer une circulation énergétique fluide. 

L’objectif ultime visé est le suivant : lorsqu’une situation auparavant stressante se présente, l’engrenage du stress ne s’enclenche plus.


Pour aller plus loin : lisez les deux autres articles consacrés au stress :

« Stress : neutraliser les pensées déclencheuses »

« 6 solutions d’urgence pour gérer le stress« 

Crédit photo : Rachel Cromer sur Unsplash

Connaissance de soi

Stress : neutraliser les pensées déclencheuses

Comment découvrir les causes de votre stress et les désamorcer : laissez-vous guider pas à pas.

Dans le premier article de cette série, vous avez pu découvrir les solutions d’urgence disponibles pour affronter le stress. Mais si vous ne vous attaquez pas aux causes, le stress va à nouveau se déclencher à la première opportunité…

Identifiez les pensées qui déclenchent votre stress

D’où la nécessité d’explorer les causes psychologiques. A chacun ses raisons pour stresser !  Il vous suffit de vous poser la question : pourquoi est-ce que je stresse, de quoi ai-je peur ? 

Vous pouvez noter tout ce qui vient. Et vous allez repérer les pensées-clés qui sont particulièrement “sensibles”, c’est-à-dire les pensées qui vous font le plus réagir. (Il n’y en a peut-être qu’une seule.)

Voici quelques exemples de pensées déclenchantes qui peuvent générer du stress en milieu professionnel. Vous allez peut-être vous reconnaître !

  • « Je ne suis pas à la hauteur, je n’y arriverai jamais. » 
  • « Si j’échoue, c’est dramatique. »
  • « Mes collègues vont me juger, ils vont penser que je ne suis pas compétent.e, pas sérieux.se, etc. »
  • “Il faut que j’excelle. Mon travail doit être parfait. »
  • “Je n’arrive pas à prendre ma place (de manager par exemple), à me faire entendre.”

Une fois que vous avez dressé la liste de ces croyances, vous pouvez évaluer de 0 à 10 à quel point ces assertions vous paraissent vraies (10 : je pense que c’est tout à fait vrai ; 0 : pas du tout vrai). Vous évaluez ainsi votre degré d’adhésion à telle ou telle croyance. 

Ensuite, il s’agit de remettre en question tout cela ! 

Evaluez objectivement la situation

Il s’agit de questionner maintenant la véracité réelle de ces pensées. Honnêtement ! Là, vous utilisez votre mental pour analyser objectivement la situation. (Vous sortez du mental émotionnel pour vous appuyer sur le mental rationnel.)

Posez-vous la question : est-ce que vraiment je…? 

Par exemple,

  • Est-ce que je suis vraiment incompétent.e ? 
  • Est-ce que mes collègues vont vraiment me juger négativement ? 
  • Si je ne réussis pas (cet exposé), est-ce vraiment grave ? Etc. 
Renversez la vapeur avec la vérité

Cette analyse objective peut vous conduire à des conclusions radicalement différentes des assertions de départ. Par exemple, 

  • « Je suis suffisamment compétent.e et je n’ai vraiment rien à prouver dans ce domaine ». 
  • « Peu importe ce que pensent mes collègues (de mon exposé), ce qui compte c’est que le message passe. » 
  • « J’ai parfaitement le droit de partir en vacances, cela ne signifie pas pour autant que je ne suis pas sérieux.se. J’ai tout bien préparé avant mon départ. » 
  • « Si on m’a confié ce nouveau poste, c’est qu’on m’a jugé.e compétent.e. »
  • « Même si c’est raté, je ne vais pas en mourir. Un échec sera une opportunité pour moi de m’améliorer demain. »
Rassurez-vous

Cette vision objective va être une ressource très utile au moment où vous aurez une montée de stress et elle peut suffire à la désamorcer. Il vous suffira de repenser à la conclusion à laquelle vous êtes arrivé.e. Ainsi vous injectez une pensée rassurante qui va réduire le niveau d’inquiétude : “ça va aller, je sais bien que….”.

Et peu à peu, cette nouvelle information va s’installer dans votre psychisme. C’est un antidote au stress.

Toutefois, pour en finir avec le stress, il faut aller encore plus en profondeur en vous. Découvrez comment dans l’article suivant “Stress : déraciner les causes profondes”.


Pour aller plus loin, vous pouvez également lire les deux autres articles de cette série consacrée au stress :

« 6 solutions d’urgence pour gérer le stress »

« Stress : déraciner les causes profondes »

Crédit photo : Laura Adai sur Unsplash

Conseils pratiques

6 solutions d’urgence pour gérer le stress

Je vous propose ici un traitement express pour faire face en douceur à une montée de stress. Avant d’aller plus loin dans deux autres articles*.

Vous allez prendre la parole devant un amphithéâtre de 5000 personnes ?! Ou le stress monte simplement en prévision d’un rendez-vous avec votre boss ? Que faire ? (A part sauter dans le premier avion pour Hawaï…)

Le traitement d’urgence que je propose ici va s’appuyer surtout sur votre corps. Mais ce qui est important, même capital, c’est l’attitude intérieure que vous avez à l’égard du stress.

1. Adoptez la bonne attitude

L’attitude appropriée consiste à accepter les sensations physiques du stress.

Comme ces sensations sont désagréables, notre réflexe naturel est de lutter contre elles, de chercher à s’en débarrasser, comme de tout ce qui nous dérange. Et bien c’est exactement le contraire qu’il faut faire !

Pas de refus, pas de combat. On ne cherche pas à faire disparaître les symptômes, à « vaincre » le stress. 

Car se battre ne fait que renforcer ce contre quoi on se bat. 

Vous accueillez donc ce qui se passe : « ah, OK, je suis stressé.e ! » En restant neutre.

Et plutôt que de vouloir que le stress disparaisse vite fait bien fait, vous prenez votre temps. Ou plus exactement vous faites comme si vous aviez tout le temps du monde. Ne rajoutez pas le stress de l’impatience !

2. Observez

Personne n’aime ressentir les symptômes du stress : une forte pression sur la poitrine, avec la respiration rapide qui devient superficielle, et le coeur qui bat la chamade. Parfois les mains tremblantes, les jambes flageolantes, la transpiration… 

Et pourtant, une fois que vous avez adopté cette bonne attitude d’acceptation, l’étape suivante consiste à observer de près ces sensations… ! Les observez de près, et en détails. 

En laissant faire, en étant curieux de ce qui va bien pouvoir se passer. Parce que le simple fait d’observer – sans rien faire de particulier – va induire une transformation. C’est magique !

3. Expirez

Pendant ce temps, essayez de prendre le contrôle de votre respiration : l’objectif est de ralentir le rythme respiratoire, de respirer aussi tranquillement que possible. 

Mettez l’accent sur les expirations et essayez de les prolonger. Toujours en douceur. Ne forcez rien. 

C’est scientifiquement prouvé : des expirations plus longues que les inspirations activent le système nerveux parasympathique qui induit l’apaisement et la détente.

Des trucs faciles qui marchent
  • 4. Vous pouvez aussi secouer votre corps.
  • 5. Et vous passer un peu d’eau sur les mains, les avant-bras, le visage.
  • Toujours en expirant fort. Comme si vous soupiriez. Comme si vous évacuiez votre stress par l’expiration. 

Lorsqu’elle sent le stress monter en elle, une personne que j’accompagne va dans son jardin arracher les mauvaises herbes… 

6. Pensez à autre chose !

Vous pouvez aussi vous efforcer de penser à quelque chose de réjouissant, quelque chose qui vous procure de la joie, du bonheur.

Car lorsque votre mental est ainsi focalisé sur autre chose, il n’y a plus de place pour les pensées anxiogènes ! Ainsi vous cessez d’alimenter le stress. 

Sourire pour faire un pas en direction du mieux-être. C’est radical…


* Pour en savoir plus : nous verrons comment traiter les causes du stress afin d’éviter les “récidives” dans les deux articles suivants de cette série (à lire de préférence dans cet ordre) : 

« Stress : neutraliser les pensées déclencheuses »

« Stress : déraciner les causes profondes »

Crédit photo : Jenny Sherman sur Unsplash

Art d'être

Le Rebirth : la voie royale vers le lâcher-prise

La pratique énergétique du Rebirth (basée sur la respiration) nous offre l’opportunité d’expérimenter concrètement ce qu’est le lâcher-prise.

C’est un apprentissage d’un art d’être qui nous transforme en profondeur.

Le lâcher-prise est devenu une notion très populaire… Pour la plupart d’entre nous, il est assez aisé de comprendre intellectuellement ce concept, mais c’est une autre affaire lorsqu’il s’agit de l’appliquer dans notre vie ! Comment fait-on pour lâcher-prise ? Quelle est ‘la recette’ ?!

Autrement dit, comment passer de la connaissance intellectuelle à l’expérience ? A l’expérience non seulement du lâcher-prise, mais aussi de l’acceptation, de la confiance dans la vie, de toutes les attitudes synonymes de bien-être.

Explorer des attitudes nouvelles

Dans l’article précédent intitulé « Se découvrir derrière le miroir de l’expérience », nous avons vu que le Rebirth nous permet d’identifier les modes de fonctionnement automatiques qui contrôlent notre vie et nous enferment dans le mal-être.

Mais l’état modifié de conscience induit par le Rebirth nous permet aussi d’explorer des attitudes nouvelles auxquelles nous ne sommes pas habitués.

Nous allons à la fois découvrir ces attitudes bienfaisantes, et nous y familiariser.

La thérapie ? Oui, mais aussi l’apprentissage d’un art d’être !

A mes yeux, cette richesse potentielle du Rebirth (Pourrait-on parler d’initiation ?) est très précieuse. C’est pourquoi, dans mon accompagnement, je ne me focalise pas uniquement sur le processus de transformation psycho-énergétique qui est généralement vu comme l’atout majeur du Rebirth.

Je me concentre également sur cet apprentissage en guidant la personne dans l’expérimentation des attitudes plus propices au bien-être intérieur.

Intégrer toutes les facettes de l’acceptation

Parmi elles, l’acceptation – tout comme le lâcher-prise – est l’une des notions fondamentales dans l’évolution personnelle. Elle non plus ne nous est pas transmise par l’éducation et la culture ambiante.

Lorsqu’on est immergé dans le voyage du Rebirth et ses multiples facettes (sensations, émotions, émergences de souvenirs…), il est possible d’aborder ce qui se passe avec une posture d’acceptation :

  • être présent à ce qui se passe, en restant avec cela sans rien faire,
  • en l’accueillant tel que c’est, avec une posture intérieure qui considère que « c’est ok »,
  • donc sans vouloir qu’il en soit autrement, sans chercher « une solution », sans lutter…
L’expérience du lâcher-prise s’imprime en nous

Et bien sûr, parmi ces attitudes bénéfiques, une place de choix est réservé au lâcher-prise. Un vécu polymorphe où il s’agit de :

  • lâcher le contrôle,
  • aller vers l’inconnu,
  • accueillir ses peurs et sa vulnérabilité,
  • s’abandonner au processus qui se déroule en nous,
  • accepter les défis et « jouer le jeu »,
  • faire confiance à cette dynamique qui n’est autre que la vie en mouvement…

Rentrer dans l’expérience où « tout lâche », où chaque muscle se détend, où la sensation « physique » d’ouverture s’accompagne d’une impression de fluidité, de légèreté, et en même temps de sécurité.

C’est une expérience multi-facettes – physique, énergétique, spirituelle – qui s’imprime en nous de manière indélébile. Qui est intégrée au cœur de nous-même. Nous devenons alors capables d’utiliser cet art d’être et d’aborder de cette manière, consciemment, la réalité de notre vie.

Ce faisant, nous nourrissons le confort intérieur, la détente, la justesse, l’authenticité, la sagesse. Comme en témoigne l’expérience vécue par Claudia durant une séance de Rebirth* en visio que vous pouvez découvrir dans l’article suivant de cette série : « Expérience vécue : respirer pour lâcher-prise ».


Crédit photo : Hu Chen sur Unsplash

Rebirth

Se découvrir derrière le miroir de l’expérience

L’expérience du Rebirth nous tend un miroir dans lequel nous découvrons les automatismes qui contrôlent notre vie. Et qui nous rendent malheureux… Une prise de conscience précieuse si nous voulons nous en libérer.

Nous abordons chaque aspect de notre vie – en particulier nos relations – avec des postures automatiques. Il est rare que nous soyons conscients de ces postures. Et c’est dommage car :

notre mode de fonctionnement courant est en général à l’exact opposé de ce qui nous apporterait du bien-être !

Voici quelques-uns des automatismes fréquents :

  • Nous avons tendance à vouloir tout contrôler.
  • Nous sommes sans cesse dans l’action (dans ‘le faire’).
  • Nous nous mettons la pression pour atteindre certains objectifs.
  • Cherchant le confort, nous rouspétons et luttons contre ce – et ceux – qui nous dérangent.
  • Nous avons peur de toutes sortes de choses qui pourraient advenir, et nous les anticipons en leur apportant des solutions.
  • Etc.
Deux priorités

On comprend donc à quel point il est important de :

  • Repérer ces comportements inconscients – pour pouvoir en sortir,
  • Et apprendre les attitudes alternatives qui vont nous apporter du mieux-être (conscience, acceptation, lâcher-prise…). Ce deuxième point est évoqué dans l’article « Lâcher-prise ».
Découvrir comment nous réagissons

La respiration connectée et amplifiée propre au Rebirth induit un état modifié de conscience (comme un état de rêve) où l’on est immergé dans notre vécu intérieur, au contact intime avec nos ressentis, nos émotions, nos réactions, nos motivations, etc.

Pendant que le processus de dissolution des blocages psycho-énergétiques se déroule sous nos yeux (fermés !), nous avons l’opportunité de découvrir comment nous réagissons à ce qui se passe.

Prenons quelques exemples.

Fuite, lutte…

Il arrive que l’intensification de la respiration provoque un inconfort physique. On peut alors observer notre réaction face à cet inconfort.

Est-ce que nous nous efforçons de le faire disparaître le plus vite possible ? Peut-être même en luttant contre ces sensations. (Certaines personnes agitent leur corps, frottent les parties du corps où elles ressentent une sensation désagréable.) Est-ce que nous avons plutôt tendance à fuir ? (Certains vont ainsi s’endormir.)

… et bien sûr le contrôle

Un autre aspect que l’on peut évoquer ici, c’est le degré de confiance que nous pouvons accorder au processus en cours.

Certains d’entre nous ont une idée a priori de la manière dont la séance de Rebirth doit se passer pour leur être profitable, et ils vont donc garder le contrôle et essayer d’orienter les choses dans ce sens, plutôt que de laisser le processus se dérouler naturellement et de s’y abandonner.

La posture du « bon élève »

Autre exemple : la plupart d’entre nous aimons plaire, et/ou nous cherchons à prouver que nous sommes à la hauteur, dignes d’intérêt…

Et nous « emmenons tout cela » dans l’expérience du Rebirth en nous efforçant d’être « un bon élève » aux yeux de la personne qui nous accompagne. Par exemple en respectant scrupuleusement les consignes de respiration.

Des mécanismes universels de l’égo

Ainsi – comme nous le disions plus haut -, dans cet état de conscience exacerbée qui est induit par le Rebirth, minute après minute, se déploient sous nos yeux nos modes de fonctionnement habituels. Des pièces s’ajoutent au puzzle de notre connaissance de nous-même.

En fait, ce que nous découvrons alors n’est pas propre à nous-même. Il s’agit des mécanismes universels de l’égo qui se dévoilent.


Crédit photo : Andre Mouton sur Unsplash

Cet article est le premier d’une série de trois articles. Lire la suite :

Pour en savoir plus sur le Rebirth, je vous invite à lire :

Bonne lecture !

Couple

10 conseils pour en finir avec les disputes

Votre couple s’effiloche au fil des disputes ? Rétablir l’harmonie n’est pas un rêve utopique. Voici la marche à suivre sous la forme de 10 conseils.

Dans un précédent article intitulé « La cause cachée des disputes », nous expliquons le mécanisme qui déclenche un conflit. Il peut être utile d’en prendre connaissance pour bien comprendre les conseils qui suivent.

Stratégie n°1 : Anticipez

Conseil 1 : Repérez ce qui déclenche en vous une réaction forte et désagréable à l’égard de votre compagnon•e (vous trouverez des exemples en fin d’article)(1). Ainsi vous pouvez identifier les « situations à risque ».

Conseil 2 : Évitez de vous retrouver dans de telles situations à risque (c’est évident, je sais, mais qui y pense ?!). Prenez toutes les mesures possibles en ce sens. Soyez créatif•ve ! Associez votre conjoint•e à ces ‘mesures de prévention’ en lui expliquant ce qui se jouerait pour vous si une telle situation se produisait. Il devient alors un•e allié•e.

Conseil 3 : Si, toutefois, les conditions déclenchantes surviennent, soyez particulièrement en alerte !

Conseil 4 : Repérez rapidement – si possible en temps réel – quand votre blessure(2) s’active, c’est-à-dire quand apparaît une émotion douloureuse (de colère, tristesse, honte ou peur). (La pratique de la méditation facilite cette étape car elle développe la vigilance, la capacité d’observation, de présence à soi.)

Engagez-vous immédiatement dans les étapes suivantes.

Stratégie n°2 : Agissez en temps réel pour éviter la dispute

Conseil 5 : Quand votre blessure s’active, n’accusez pas l’autre, prenez la responsabilité de votre état intérieur, abstenez-vous – autant que possible ! – de laisser s’exprimer vos émotions à l’égard de votre compagnon•e.

(Précision : vous ne bloquez pas les émotions elles-mêmes, mais seulement leur expression extérieure. Dans le point 7, vous allez voir que les émotions sont les bienvenues.)

Conseil 6 : Si nécessaire, changez de pièce ou allez faire un tour pendant la durée du processus d’auto-accompagnement (point 7). Et ceci, après avoir expliqué à votre compagnon•e que vous avez besoin d’un peu de temps pour faire face à une réaction émotionnelle(3).

Conseil 7 : Procédez à un auto-accompagnement.

L’objectif de cette étape est que la vague réactionnelle se dissipe aussi vite qu’elle a émergé, sans laisser de trace.

Adoptez une posture intérieure accueillante et bienveillante à l’égard de la part de vous blessée qui réagit. L’attitude juste est de respecter cette manifestation normale de la vie, en prenant autant de recul que possible.

1er aspect : Laissez la vague émotionnelle vous traverser (c’est simplement un épisode énergétique), en vous aidant de la respiration si nécessaire (respiration lente et profonde ; en cas de colère pratiquez de fortes EXpirations).

Vous trouverez tout le savoir-faire pour gérer une vague émotionnelle dans l’article « Angoisse : comment retrouver (vite !) le bien-être » – la marche à suivre est la même quel que soit le type d’émotion.

2ème aspect : Ne croyez pas l’histoire qui se raconte dans votre tête, c’est-à-dire les commentaires, les interprétations au sujet de ce qui vient de se passer. N’alimentez pas ce train de pensées.

La lecture de l’article « N’en faites pas une histoire personnelle » va vous aider à maîtriser ce stade.

Lâchez le bavardage mental douloureux, tout simplement en portant votre attention sur autre chose (par exemple vous pouvez compter vos respirations).

3ème aspect : Voyez votre réaction comme un mécanisme égotique automatique facultatif. Si possible lâchez l’identification à toute cette histoire et l’identification à l’égo qui croit cette histoire (perspective non duelle).

Vous pouvez lire à ce propos l’article « Nos problèmes sont facultatifs ».

Ressource disponible éventuellement : si cette étape 7 vous semble un peu difficile à maîtriser, vous pouvez en faire l’apprentissage en séances de sorte qu’ensuite vous pourrez réaliser seul•e ce processus, autant de fois que nécessaire.

L’un de mes objectifs en tant que thérapeute(4) est justement de transmettre ce savoir-faire aussi largement que possible pour que la paix s’installe à l’intérieur de chacun et dans les relations.

Conseil 8 : Partagez votre vécu avec votre compagnon•e (au moment opportun !). Cela approfondira le lien entre vous.

Stratégie n°3 : Supprimez les causes des disputes à l’intérieur de vous

Conseil 9 : Investiguez des situations récentes de difficulté relationnelle pour identifier vos croyances négatives(4), et votre blessure maîtresse(2).

Conseil 10 : Idéalement, dissolvez vos croyances et guérissez votre blessure. Lorsque ce travail est accompli, il n’y a plus de réactivité dans ces mêmes situations. Donc pas de dispute !

Ces étapes 9 et 10 correspondent à un travail plus en profondeur pour lesquelles vous pourriez ressentir le besoin d’être accompagné•e. Quelques séances souvent suffisent pour fortement réduire la réactivité.

Besoin d’éclaircissements sur ces 10 conseils ? Vous pouvez m’adresser vos questions ici. Je vous répondrai avec plaisir.


(1) Exemples de situations qui déclenchent votre réaction : vous vous énervez…

  • quand il/elle vous fait un reproche (ou plus exactement : quand vous avez l’impression qu’il/elle vous fait un reproche) ;
  • quand il/elle est en retard sans prévenir ;
  • quand il/elle continue à regarder son téléphone alors que vous lui parlez ;
  • quand il/elle ne fait pas ce que vous lui avez demandé ; etc.

(2) Blessures maîtresse : l’humiliation, l’abandon, l’impuissance, la trahison, le rejet, l’insécurité, l’injustice.

(3) Ainsi vous prenez soin de l’autre en évitant qu’il se sente abandonné, rejeté, incompris ou autre, autrement dit qu’il souffre de votre réaction.

(4) Plus d’informations sur mon accompagnement thérapeutique ici

(5) Exemples de croyances négatives : je ne mérite pas d’être aimé, je suis nul, je ne peux faire confiance à personne, je dois être parfait, je ne vais pas m’en sortir, je suis seul…


Crédit photo : Priscilla Du Preez on Unsplash

Couple

La cause cachée des disputes

Comment sortir de l’engrenage des disputes dans votre couple ? Je vous propose une immersion au cœur du mécanisme qui sous-tend les disputes. Ce voyage vous ouvrira la porte des solutions qui s’offrent à vous pour désamorcer les conflits*. 

Pour vivre une relation de couple dépourvue de dispute (oui, c’est possible !), il faut d’abord comprendre d’où proviennent les conflits.

Pourquoi votre conjointe a-t-elle réagi si fort lorsque vous lui avez gentiment fait remarquer qu’elle avait oublié de jeter la poubelle en partant au travail ? Pourquoi votre conjoint a-t-il boudé toute la soirée alors que vous aviez seulement 10 minutes de retard à votre rendez-vous ? Pourquoi, à votre tour, vous êtes-vous laissé•e emporter par une réaction qui a déclenché une dispute ? Autant de questions qui laissent perplexes la plupart d’entre nous !

Une fois que le mécanisme qui engendre les disputes est clair dans notre esprit, les différentes stratégies possibles pour les éviter deviennent évidentes et nous les développerons ensuite*.

Donc regardons d’abord comment s’enclenchent les disputes.

Le cercle vertueux dans le couple

Potentiellement toute relation de couple peut être harmonieuse !

La relation fonctionne alors tel un « cercle vertueux » où chacun apporte à l’autre exactement ce dont il a besoin : de la sécurité, de l’amour, de l’accueil, du respect, de la confiance, de la valorisation, du soutien, du réconfort, de la compréhension… Et cela, naturellement et sans effort !

Si vous êtes familier avec le concept d’enfant intérieur, on peut dire qu’alors il y a une interaction positive et nourrissante entre la part adulte de l’un et l’enfant intérieur de l’autre ; et réciproquement.

La part adulte de l’un prend soin de l’enfant chez l’autre en lui apportant ce dont il a besoin, compte tenu de sa blessure spécifique : si l’enfant intérieur de l’homme a souffert d’humiliation lorsqu’il était petit et porte donc encore cette blessure aujourd’hui, la part adulte de la femme lui apporte ce dont il a besoin, à savoir un regard toujours bienveillant, l’impression d’être apprécié tel qu’il est, par exemple.

La dispute : un symptôme

La présence de disputes est un symptôme qui révèle qu’au niveau sous-jacent, un mode de fonctionnement différent de ce « cercle vertueux » est en train d’opérer.

Si une petite phrase insignifiante – ou un comportement anodin – a mis le feu aux poudres, c’est parce que cette parole a touché l’autre « là où cela fait mal ».

Généralement, on ne voit que les paroles et les actes, sans avoir la moindre idée de ce qui cache ‘dessous’, à savoir des blessures qui sont touchées, provoquant une douleur psychologique.

Une réaction de défense

Ainsi s’enclenche un mécanisme en trois étapes :

  • Confronté à telle parole ou tel comportement de B, l’enfant intérieur de A est blessé.
  • Cela provoque chez A une réaction automatique qui vise à protéger la part blessée de A. Cette réaction peut prendre des formes diverses – colère / agressivité, fuite, revanche (petite phrase humiliante ou coupure du lien par éloignement par exemple), etc.
  • Bien souvent, cette riposte atteint la part blessée de B, suscitant sa réaction en retour. On rentre alors dans un cercle vicieux.

C’est l’engrenage de la dispute. (Je donne un exemple concret un peu plus loin.)

La relation devient alors source de souffrance. Au lieu d’être un espace de sécurité, le couple devient un ring où deux égos se confrontent et agissent comme un « bourreau » l’un à l’égard de l’autre. Alors même qu’au départ, on n’a aucunement l’intention de blesser l’autre (dans la plupart des cas).

Mélissa et David : deux blessures face à face

Pour éclairer cela, prenons un exemple concret.

Mélissa attend David qui doit garder leur enfant pendant qu’elle va chez le médecin. David rentre à la maison en retard par rapport à l’heure convenue. Ce retard réactive en elle sa blessure maîtresse centrée sur la croyance : « je ne suis pas importante ». Avec la vague émotionnelle qui en résulte.

Bien que contrariée, Mélissa prend sur elle, gère son état intérieur aussi bien que possible et ne dit rien (pour éviter une dispute). Mais aux yeux de David, son attitude véhicule le message « on ne peut pas compter sur toi ». Ce reproche implicite touche chez David un point très douloureux : il se sent nul du fait qu’il ne réussit pas à être fiable. Et cela suscite en lui un sentiment de désespoir.

Deux blessures face à face. Et malgré l’amour, ils se font souffrir mutuellement.

Heureusement, cela est évitable.

Voie royale vers l’épanouissement

La première étape consiste à apprendre à gérer la situation lorsque les signes avant-coureurs d’une dispute potentielle apparaissent. Pour ce faire, je propose un savoir-faire dans l’article « 10 conseils pour en finir avec les disputes ».

La voie royale pour sortir de la spirale des disputes reste la thérapie – et il n’est pas nécessaire d’y consacrer des années pour que les choses bougent. Une fois nos blessures guéries et nos croyances négatives dissoutes (même en partie), les déclencheurs antérieurs ne suscitent plus de réaction émotionnelle en nous (ou seulement une mini réaction). Pas de réaction, pas de dispute – et on s’épanouit au sein du couple.


* Les solutions sont traitées dans l’article « 10 conseils pour en finir avec les disputes ».

Crédit photo : Photo by Steve Smith on Unsplash

Savoir-faire

Angoisse : comment s’en libérer (vite !)

Quand une angoisse s’empare de nous, que faire ? Comment réagir de manière appropriée afin qu’une sensation de confort revienne rapidement ?

Je vous présente ici une méthode simple et très efficace que j’utilise couramment en séance. Un savoir-faire qui est à la portée de tous.

La méthode que j’expose ici ne va pas vous permettre de vous libérer des causes de l’angoisse, mais il s’agit plutôt d’un savoir-faire qui vise à ‘gérer’ l’angoisse.

Avec un double objectif :

  • qu’elle devienne supportable,
  • et qu’elle se dissipe peu à peu, afin que s’installe à nouveau une atmosphère intérieure confortable.

L’angoisse se manifeste dans le corps à travers des sensations spécifiques, une modification de la respiration, et une ‘atmosphère physique’ oppressante. L’approche proposée repose sur deux piliers :

  • l’observation du corps,
  • tout en maintenant une attitude juste.

Explications.

Observer, observer et…observer !

Quand l’angoisse se manifeste, on observe les sensations (par exemple un point douloureux dans le cœur, une pression au niveau de la gorge, une impression d’écrasement, etc.). Il s’agit de regarder simplement la ou les sensations en restant complètement neutre. Il est plus facile de réaliser cette observation les yeux fermés. Pendant toute la durée de cet exercice, on va observer et ne rien faire de plus !

Toute l’attention est portée sur les détails de cet événement intérieur. Par exemple, s’il y a une boule au niveau du cœur, on observe finement comment elle se présente :

  • où se trouve-t-elle ?
  • quelle est sa forme ?
  • quelle est sa taille ?
  • quel est son aspect extérieur (couleur, texture) ?
  • comment est-elle à l’intérieur (vide/pleine, densité) ?
  • etc.
Neutralité et acceptation

On s’abstient de commenter en se disant par exemple « je n’aime pas, c’est désagréable », et à fortiori de dramatiser. On reste neutre : « Voici ce qui se passe maintenant, et c’est tout. »

Pendant toute la durée de cet exercice, il importe de conserver une attitude juste, à savoir une posture intérieure de neutralité et d’acceptation : « c’est ce qui est là maintenant et c’est OK comme ça. »

On regarde ce qui se présente dans notre corps en laissant de côté toute envie que cela soit différent et toute intention que ‘cela change’. Donc on ne s’engage pas dans une posture active qui chercherait un certain résultat ; on ne fait rien !

Rien, à part observer !

Une transformation spontanée

On se concentre sur l’observation, et la magie opère sous nos yeux (fermés !). Rien n’est figé, c’est le principe même de la vie ; on assiste donc à une transformation progressive des sensations. Par exemple elles se déplacent, deviennent plus diffuses, se dissolvent, ou se transforment en des sensations différentes ailleurs dans le corps. En fait tout est possible…

C’est la combinaison d’une observation attentive avec une attitude juste qui va faciliter ce processus de transformation.

Ni vouloir, ni refuser

Il faut donc éviter plusieurs attitudes inappropriées qui pourraient freiner cette transformation. On a parfois tendance à vouloir que ‘ça lâche’ et il y a une contraction* intérieure pour atteindre cet objectif.

C’est plutôt l’inverse que l’on vise, à savoir la détente et l’acceptation de ce qui est là en cet instant, sans attente. Mieux vaut se dire que la situation va évoluer à son propre rythme et en attendant, on prend les choses comme elles sont.

Il se peut aussi qu’une autre attitude émerge : on refuse, on s’oppose à telle sensation (par exemple car on la juge désagréable). Cette résistance à ce qui est là maintenant se traduit aussi par une contraction*, alors qu’on cherche à l’inverse à ce que l’énergie circule librement.

Si vous souffrez d’angoisse, je vous invite à essayer cet exercice. Quelques minutes peuvent suffire, mais parfois il faut pratiquer pendant 20 minutes ou plus pour retrouver son calme. Vos feedbacks sont les bienvenus. Vos questions aussi ; vous pouvez les poster ici.

A noter : ce savoir-faire peut être appliqué de manière identique face à n’importe quel état intérieur inconfortable (colère, tristesse…)


* La contraction dont nous parlons ici est un phénomène subtil et pas forcément perceptible.

Crédit photo : Photo by Aaron Burden on Unsplash

Copyright : Anne Lautier

Relations

Renoncer à avoir raison

Nous sommes très attachés à nos opinions et, pour les défendre, nous sommes prêts à nous disputer avec les autres. Pourquoi un tel comportement est-il si répandu ? Il suffirait que nous cessions de penser que nous avons raison pour insuffler de la paix dans nos relations. Et c’est à portée de la main !

Temps de lecture : 4 minutes

 « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ».

Ce proverbe est bien connu ; pourtant, à l’évidence, nous n’en avons pas intégré la sagesse.

Au fil de l’histoire, une multitude d’opinions qui semblaient incontestables ont été balayées. Par exemple, la certitude que « la terre est au centre de l’univers »…

En théorie, nous pouvons admettre que les idées auxquelles nous croyons dur comme fer se révèleront absurdes dans un siècle, ou dans 10 ans. Ou peut-être même dans quelques mois !

Cependant, cela ne nous empêche pas de continuer à nous battre au nom de ces opinions sous le prétexte que nous avons raison. Et à traiter d’imbéciles – dans le meilleur des cas ! – ceux qui ne partagent pas notre point de vue.

Des conflits d’opinions : partout et tout le temps !

Ce phénomène paradoxal existe dans tous les domaines de la vie, au plan individuel comme au plan collectif. Il est à l’origine de bien des conflits – et non des moindres, comme les guerres de religion ou les révolutions.

Il est aussi à l’origine des disputes interpersonnelles. Comme celles des couples qui se sont récemment entredéchirés en raison de leur opposition sur la fameuse question du vaccin.

Même scénario à l’intérieur de nous où des parts de nous, ayant des avis opposés, bataillent, et créent ce qu’on appelle un conflit intérieur.

Face à ce phénomène qui semble aussi universel qu’inexorable, deux questions se posent :

  • Les divergences d’opinion entraînent-elles nécessairement des conflits ?
  • Est-il possible de sortir de cet engrenage ?

Je vous invite à prendre quelques instants pour examiner cela.

Distinguer ‘avoir une opinion’ et ‘avoir raison’ 

Jusqu’ici, nous avons assimilé deux postures, et il est temps de les distinguer. Car c’est une chose d’avoir une opinion, cela en est une autre d’avoir raison

Si j’ai une opinion et que l’autre en a une différente, je peux accepter cette différence ; alors je l’écoute et nous pouvons en discuter en essayant de nous comprendre.

Par contre, si j’ai une opinion et en plus j’estime que j’ai raison, cela implique nécessairement que l’autre a tort si son opinion diffère de la mienne. Donc cela me met dans une posture de fermeture à ses arguments, de non écoute, et de supériorité. 

Contraction ou ouverture

Nous pouvons sentir physiquement / énergétiquement la contraction, le raidissement, la fermeture, le refus, qui se produisent au moment où nous passons de ‘j’ai une opinion’ à ‘j’ai raison’.

A l’inverse – et c’est sans doute plus facile à ressentir dans ce sens – on peut ressentir une détente, une ouverture qui arrive lorsqu’on décide de ne plus se battre pour une opinion, mais au contraire d’accepter que l’autre pense autrement.

On l’aura compris, c’est ‘avoir raison’ qui produit les conflits, tandis que ‘avoir une opinion’ est neutre de ce point de vue.

L’égo : s’opposer pour exister

Alors, s’il est tellement néfaste – et absurde comme nous l’avons vu plus haut – de prétendre avoir raison, pourquoi cette attitude est-elle aussi universelle ?

Parce que ‘avoir raison’ fait partie des mécanismes automatiques de l’égo. Autrement dit, si on n’y prête pas garde, on va automatiquement se positionner en mode « j’ai raison ».

L’égo se renforce chaque fois qu’il s’oppose aux autres.

L’égo, c’est-à-dire ce qui nous donne le sentiment d’exister en tant qu’entité séparée, a besoin de… séparation pour exister !  

Et cela prend un nombre infini de formes. Notamment l’opposition :

  • D’abord : MOI / MON opinion, versus l’autre / SON opinion.
  • Et ensuite : mon opinion qui est la bonne, versus l’opinion de l’autre qui n’est pas valable.  
Une simple pensée qui devient MON opinion

Le stade de ‘j’ai une opinion’ est déjà en lui-même un processus égotique (donc qui crée une séparation avec l’autre). Que se passe-t-il ?

Au départ il y a une pensée qui circule dans le champ de la conscience ; pensée dont le mental / l’égo s’empare, qu’il s’approprie comme si c’était la sienne. Il s’attache à cette idée, en même temps qu’à l’idée qu’il y a un individu – lui-même – qui possède cette pensée.

On peut parfaitement observer ce mécanisme et le déconstruire. En temps réel ou a posteriori. C’est ce qu’apporte la perspective de la thérapie non duelle.

Ce stade de l’opinion n’engendre pas en lui-même de conflit. Par contre, dès lors que l’attitude ‘j’ai raison’ s’y ajoute, le conflit n’est jamais très loin !

Repérer la posture ‘avoir raison’ pour qu’elle lâche

Or on a affaire à un engrenage qui s’enclenche très vite. Si l’on n’est pas conscient de ce qui se passe, on est embarqué dans cet automatisme inévitablement. D’où l’importance de prendre du recul et d’observer finement ce qui se déroule à l’intérieur de nous*.

Si l’on veut que la contraction ‘avoir raison’ se dissolve, il suffit d’observer le vécu intérieur* et de repérer ainsi quand elle s’active, en posant l’intention qu’elle lâche.

Quand cette posture ‘j’ai raison’ lâche, il y a une impression d’ouverture, de neutralité paisible qui s’installe.

Une impression de basculement dans quelque chose de plus spacieux, plus libre, fluide.

Rêvons un peu…

Cela peut paraître utopique d’imaginer un monde où plus personne ne se battrait sous prétexte d’avoir raison.

Un monde où on accepterait les divergences d’opinion comme une richesse. Où on tendrait vers la concertation et éventuellement la co-création, plutôt que vers l’affrontement. Où on dépasserait la loi des polarités pour activer une troisième dimension plus élevée.


* Je vous invite à télécharger l’e-book « Découvrir son vécu intérieur » ici.

A lire également sur ce thème : Vaccinés – non vaccinés : cohabiter en paix. Ces deux articles se complètent.

Crédit photo : Photo by Lee 琴 on Unsplash

 

Humeur

Choisir la paix

Les conflits ne sont pas inévitables. Chacun à notre niveau, nous sommes libres et nous avons le pouvoir ! Libres de faire la paix en nous-même, avec le pouvoir de transformer le monde, radicalement et en douceur…

A l’heure où les conflits sociaux se multiplient, où les médias jouent le rôle de caisse de résonnance et amplifient les échos de ces tensions, où d’aucuns se gargarisent des mots « lutte », « mobilisation générale », et autres termes relevant du vocabulaire guerrier, je vais m’inscrire à contre-pied en vous parlant aujourd’hui de paix…

Un double contre-pied en fait puisqu’au lieu de vous parler de la paix sociale, je vais mettre le focus sur la paix intérieure.

Car ce qui se déploie dans le monde extérieur est exclusivement le reflet de notre vie intérieure. De notre vie intérieure à nous tous.

Le monde serait ô combien agréable à vivre si nous faisions la paix à l’intérieur de nous-même ! En effet, même lorsque nos tensions intérieures, contrariétés, peurs et autres états d’âme négatifs ne s’expriment pas dans nos paroles et notre comportement (sous forme de brusqueries, disputes, rouspétances, inquiétudes, prises de pouvoir, et autres), elles sont parfaitement perceptibles à travers l’ambiance que nous dégageons. Et cela est vrai tant au plan individuel que collectivement.

Quand la paix est palpable…

Et inversement ! Lorsque nous sommes au contact d’une personne paisible, ou que nous pénétrons dans un endroit imprégné de paix, nous le ressentons aussitôt et… avons envie d’y rester ! Je suppose que cela vous parle et que vous avez en tête une telle personne ou un tel endroit.

Bien sûr, il y a la paix à laquelle on accède par la méditation, la prière, ou la contemplation de la nature. On parle de paix « transpersonnelle », c’est-à-dire au-delà de la personnalité, dans cet espace plus vaste qui dépasse l’égo. Un espace qui est d’ailleurs accessible aussi grâce aux états modifiés de conscience obtenus par des techniques de respiration telles que le Rebirth. Cette paix-là mérite un « p » majuscule !

Mais je vais plutôt évoquer ici la paix que nous pouvons cultiver dans la sphère de notre personnalité, au jour le jour.

Des disputes à l’intérieur de nous-même

Quand nous portons notre attention sur notre vie intérieure, nous nous rendons compte que des opinions diverses s’expriment à l’intérieur de nous. On parle parfois de « subpersonnalités ». Il s’agit de « parties de nous » qui ont, chacune, leur propre vision des choses, de ce qu’il convient que nous fassions ou ne fassions pas, qui ont, chacune, leurs propres sentiments, leurs échelles de valeur, leurs peurs spécifiques, etc. Comme des petites personnes à l’intérieur d’une même personne.

Or, ces subpersonnalités sont rarement d’accord entre elles et il en résulte parfois des disputes…

Il arrive même que ces bagarres soient tellement violentes que le paysage intérieur ressemble à un champ de bataille.

Les belligérants se détestent, se méprisent, rêvent de s’entretuer, passent leur temps à s’envoyer des projectiles sous la forme de petites phrases assassines par exemple.

Une ambiance intérieure difficile à vivre

J’illustre mon propos. Une personne que j’accompagne, appelons-là Tiphaine, sombre souvent dans un état dépressif qui la paralyse. Lors de son dernier épisode dépressif, Tiphaine a clairement entendu à l’intérieur d’elle la voix d’une subpersonnalité qui exigeait qu’elle sorte de cet état, qu’elle fasse ceci, cela, bref qu’elle bouge. Ce qui l’a frappée, c’est à quel point cette subpersonnalité détestait sa dépression et se montrait agressive (dans son discours) à l’égard de la partie d’elle déprimée. Une ambiance de violence intérieure qui lui rappelait l’atmosphère de sa famille dans son enfance. « C’est la guerre ! », a résumé Tiphaine.

Les désaccords intérieurs ne revêtent pas toujours une telle véhémence, heureusement. Mais on y trouve bien souvent des colorations assez déplaisantes, comme le mépris, la critique systématique, ou l’humiliation…

Ainsi, chez Julien (prénom fictif) – une autre personne que j’accompagne -, l’une des voix intérieures déplore qu’il puisse être si… inintéressant. Cette même subpersonnalité annonce, tel le couperet de l’échafaud qui tombe, que : « personne ne peut t’aimer et il ne faut pas que tu t’étonnes que ta vie amoureuse soit un grand désert… ». Vous en conviendrez, cela ne respire pas la bienveillance !

Devenir ambassadeurs de la paix

Quand nous parvenons, grâce à la thérapie, à identifier ces conflits intérieurs et à les pacifier, il se produit un changement radical au niveau du bien-être individuel. Mais ce qui me paraît tout aussi important, c’est que la qualité de vie des proches et de toutes les personnes que nous rencontrons en est positivement impactées. C’est la paix qui rayonne.

On pourrait, sans exagération, qualifier de « mini ambassadeurs de la paix » toutes ces personnes qui ont pacifié leur vie intérieure, même si, au départ, leur motivation était leur propre bien-être.

Et si notre société aspirait réellement à la paix, si elle accordait autant d’importance à la paix qu’à la santé par exemple, ne devrait-on pas imaginer un système équivalent à celui de la Sécurité Sociale, pour que chacun puisse dissoudre ses conflits intérieurs (comme on soigne ses blessures), bénéficier ainsi de la délicieuse ambiance intérieure de paix (comme on profite d’une bonne santé) et contribuer du même coup au bien-être collectif ?

Qu’en pensez-vous ?